Contexte
Autrefois, le clan nain Serperoc jouissait d’une excellente réputation dans les contreforts des Montagnes du Couchant : ses tunnels garantissaient aux voyageurs un passage sûr au travers d’une région sauvage et hostile. Le droit de passage était fort peu élevé, en regards des embûches évitées, et permit au clan de financer des excavations souterraines, à la recherche de minerais précieux. Un jour cependant, les voyageurs trouvèrent les portes du tunnel principal fermées. Des éboulements ne tardèrent pas à secouer la montagne et lorsqu’enfin d’autres clans entreprirent de dégager le passage, ce fut pour découvrir que les Serperocs avaient disparu. Si par la suite le chemin sous la montagne fut plus ou moins réhabilité, les nombreux tunnels adjacents, demeures du clan désormais disparu, restèrent condamnés. Peu à peu, l’histoire des Serperocs s’estompa et les passages sous la montagne tombèrent en désuétude, faute d’entretien. La cause de cette tragédie ? La découverte du Miroir onirique.
Le Miroir Onirique
Il s’agit d’un objet merveilleux ayant la forme d’un miroir ovale de 50 centimètres de diamètre, dont le cadre est incrusté de feuilles d’or et de mithral. Le miroir permet à celui qui s'y lie de plonger à volonté dans ses rêves et d’en prendre le contrôle ; les sensations sont alors exaltées, comme si ce que l’utilisateur vivait était réel (ou presque !). A chaque utilisation, son possesseur risque davantage de tomber dans une dépendance maladive vis-à-vis de cette réalité où tous ses désirs se réalisent. Les phases de rêve ne dispensent pas la victime de subvenir à ses besoins réels (manger, dormir), entraînant une décrépitude physique et mentale pouvant se solder par la mort : en effet, les rêves tendent à faire perdre toute notion du temps. Tout être capable de rêver qui croise son propre reflet dans le miroir pour la première fois bénéficie d’un aperçu fugace de ses désirs les plus fous, attisant par là sa convoitise.
Rencontre fortuite
Les PJ font route sur un ancien chemin menant au pied d’un contrefort montagneux : il s’agit du seul passage à des lieues à la ronde leur permettant de traverser les montagnes et rejoindre leur destination (laissée à la discrétion du MJ selon ses objectifs de campagne).
Au détour d’un sentier, ils font la rencontre de Lelion, un jeune barde demi-elfe à l’air désespéré. Celui-ci aborde les PJ avec un empressement mêlé d’inquiétude : il est en effet à la recherche de son ami nain Khardim, qui s’est aventuré trois jours auparavant dans le tunnel au bout du sentier, et n’a depuis plus donné signe de vie. Craignant le pire, Lelion espère convaincre les PJ de l’aider à retrouver son ami : il fera appel pour cela à leur bonté ou leur cupidité (il est en effet issu d’une riche famille). De plus, les PJ ne comptaient-ils pas de toute façon emprunter le tunnel ?
Interrogé sur la raison de sa présence, Lelion expliquera que Khardim est un lointain descendant des Serperocs et que son histoire familiale lui a livré des informations sur d’anciens trésors du clan enfouis dans les souterrains : désireux de lancer sa carrière de barde, le demi-elfe l’a suivi. Il prétend ne pas en savoir davantage sur les Serperocs. Il ne dit pas toute la vérité…
Que s’est-il passé ?
En possession d’une archive de son clan, Khardim a appris l’existence du Miroir onirique et en a parlé à Lelion. Ce dernier, peu doué dans les arts bardiques, mais désireux de se détacher de sa riche famille de négociants, pense que l’objet serait une clé pour débrider sa créativité et a convaincu son ami d’explorer les tunnels. Or ceux-ci ont depuis été colonisés par des kobolds. Ayant découvert des traces de ces créatures, et sachant la zone sujette aux éboulements, Khardim a préféré partir en éclaireur. Il a déniché la salle où se trouve le Miroir, et l’a payé de sa vie, tué par les kobolds tandis qu’il succombait aux charmes de l’artefact.
Le dédale sous la montagne
Accompagné d’un Lelion ragaillardi par leur allure expérimentée, les PJ pénètrent dans l’ancien tunnel. Seules quelques rares traces témoignent de l’activité autrefois foisonnante de l’artère principale. En fouillant les lieux, les PJ peuvent trouver un passage dérobé dans la pierre, menant aux niveaux inférieurs : des traces suggèrent le passage récent de Khardim.
Des escaliers en colimaçon s’enfoncent dans les ténèbres, débouchant sur un vaste dédale de couloirs bas de plafond. Sans affinité avec la pierre, trouver son chemin s’annonce ardu. Quoique la piste la plus sûre reste celle du nain disparu, les PJ ne manqueront pas de remarquer qu’au fur et à mesure de leur avancée, des traces de kobolds se multiplient. S’ils s’attardent trop, une rencontre avec une patrouille est inévitable. Pire, il semble que de nombreuses ouvertures aient été pratiquées dans les tunnels nain, ce qui signifie – pour les plus perspicaces – qu’en cas d’alerte, les aventuriers seraient submergés.
L’ancienne demeure des Serperocs a depuis longtemps été pillée : aucun lieu n’a été épargné par les saccages des petits reptiles. Seules subsistent des gravures témoignant du passé du clan et narrant son installation sous la montagne. Délaissés, les souterrains sont désormais le territoire de gelées [vases] errantes. La piste de Khardim s’achève dans une pièce où trône un ancien autel dédié à Moradin : les dernières traces de pas s’arrêtent devant la statue. Il règne dans la pièce une odeur fétide, et de nombreux kobolds ont dû venir ici récemment. Sur un banc repose une tablette gravée de runes naines. On y trouve l’histoire d’un prêtre de Moradin, résigné à abandonner les lieux en raison d’un conflit portant sur un objet magique (le Miroir n’étant pas mentionné tel quel) : depuis sa découverte, le clan s’est déchiré de l’intérieur, happé dans une spirale de folie et de convoitise. L’artefact désormais scellé et le clan dissous, le prêtre met en garde le lecteur et l’enjoint à rebrousser chemin. Si les PJ déchiffrent la tablette et échangent sur le sujet, Lelion commence à montrer des signes de nervosité.
Une pierre amovible cachée, à la base de la statue, déclenche l’ouverture d’une porte dérobée : c’est là que se trouve le Miroir onirique. Toutefois, les kobolds ont placé un piège. Quiconque passe la porte imprudemment déclenche un entrelacs de fils faisant tinter des carillons dans une anfractuosité : le timbre des clochettes résonne au loin, suffisamment pour alerter les créatures.
Victimes du miroir
Le passage secret mène à une toute petite pièce. Le prêtre de Moradin y a entreposé une poignée d’objets sacrés appartenant à son clan, mais c’est le Miroir qui le premier va capter l’attention des PJ et de Lelion : l’artefact est déposé sur un piédestal au pied duquel gît le corps de Khardim. En l’examinant, on constate l’expression étrangement béate sur son visage, ainsi que les blessures causées par les kobolds, qui n’ont pas été pansées. Refermant derrière lui le passage pour se protéger de ses poursuivants, il est ensuite tombé sous le charme du Miroir et en a oublié ses blessures…
Lelion est choqué par la vue du cadavre, mais remarque bien vite le Miroir et tente de le subtiliser à l’insu des PJ. Si ceux-ci s’en emparent, il tente de le négocier contre de l’argent sans dévoiler qu’il s’agissait de la raison de sa venue. Quiconque voit son reflet dans le Miroir expérimente un aperçu de ses pouvoirs, et doit réussir un test pour résister à l’envie de s’en emparer. Emballer le miroir dans un tissu ou un sac à l’abri des regards reste le meilleur moyen de le neutraliser.
La horde aux trousses
L’alarme des kobolds, si elle n’a pas été désamorcée, a mis en branle les troupes de créatures postées non loin. L’un des chefs du clan, le sorcier kobold Triakug, a en effet détecté le Miroir mais ses sbires ont échoué à rouvrir le passage fermé par Khardim : guettant l’arrivée d’autres imprudents dans les tunnels, il se tient prêt depuis plusieurs jours. Dès lors, plusieurs scénarios peuvent se jouer :
• S’ils ont combattu des kobolds sur le chemin ou déclenché l’alarme sans y prêter d’importance, ils seront bientôt submergés par les monstres. Ceux-ci ont condamné l’entrée principale, et les PJ devront tenter leur chance dans des tunnels abandonnés des kobolds eux-mêmes, car habités par des bulettes.
• S’ils se hâtent après avoir déclenché l’alarme, ils parviendront de justesse à rejoindre la sortie, harcelés en chemin par l’avant-garde kobold.
• S’ils comprennent la valeur du Miroir pour Triakug, qui les poursuit avec ses troupes, ils peuvent tenter de bluffer pour s’en sortir indemne, par exemple en menaçant de détruire l’objet.
• S’ils ont fait preuve de discrétion, la voie jusqu’au tunnel principal sera libre… sauf si un des éboulements fréquents de la zone devait se produire.
Lelion restera tant que possible auprès des PJ, n’hésitant pas à filer s’il peut s’emparer du Miroir et que la voie jusqu’à la surface paraît sûre.
Il n’y a pas de petit profit
Une fois ressortis, les PJ sont amenés à confronter Lelion, qui a dévoilé sa duplicité et veut à tout prix conserver le Miroir pour son usage personnel ; l’occasion d’une scène de conflit interne si d’autres personnages sont tombés sous sa coupe. Quelle que soit la situation, le groupe va rapidement se trouver interrompu par l’arrivée d’une bande de mercenaires : à leur tête, Faustinia, la sœur du barde, qui a suivi son frère en apprenant le but de son expédition, et qui espère mettre la main sur le Miroir. Ses propres recherches lui ont permis de découvrir les propriétés de l’artefact, qu’elle veut mettre à profit pour soutirer de l’argent aux riches de ce monde. En effet, quel prix ne paierait-on pas pour voir tous ses rêves « se réaliser » ?
L’issue de la rencontre avec Faustinia dépend de l’objectif des PJ et de l’état dans lequel ils ramènent Lelion des souterrains (elle tient quand même à son frère) : arriveront-ils à un compromis avec la demi-elfe, s’en remettront-ils aux armes ou tenteront-ils de ruser pour conserver ou détruire l’artefact ?
Le miroir onirique
- Aldiberuin
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Re: Le miroir onirique
C'est mon texte... Un peu trop classique à mon goût, et par rapport aux très jolies idées qui ont été soumises au concours. Quoi qu'il en soit, l'exercice était instructif !
Edit : je me rends compte que c'est mon premier message sur le forum, malgré quelques années passées ici, alors euh... Bonjour
Edit : je me rends compte que c'est mon premier message sur le forum, malgré quelques années passées ici, alors euh... Bonjour
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Re: Le miroir onirique
Et bien bienvenue Aldiberuin (tu pouvais pas prendre un pseudo plus compliqué encore ?
)
J'ai beaucoup aimé ce texte, et ai voté pour lui.
Petite question : c'est inspiré d'inception, du miroir du rised (Harry Potter) ou je me trompe ?
J'ai beaucoup aimé ce texte, et ai voté pour lui.
Petite question : c'est inspiré d'inception, du miroir du rised (Harry Potter) ou je me trompe ?
- Aldiberuin
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Re: Le miroir onirique
J'ai eu Inception en tête durant l'écriture, mais voulais rester sur quelque chose de plus sobre, de peur d'exploser la limite des 10'000 signes (Faustinia en fin de chapitre aurait fait une bonne antagoniste en tirant partie du Miroir pour manipuler ses concurrents).
Par contre, je viens de passer une bonne demi-heure dans les wiki Harry Potter grâce à toi ! Je n'avais pas fait le rapprochement avec le Miroir du premier volume... Ça m'a donné envie de replonger dans les bouquins.
Par contre, je viens de passer une bonne demi-heure dans les wiki Harry Potter grâce à toi ! Je n'avais pas fait le rapprochement avec le Miroir du premier volume... Ça m'a donné envie de replonger dans les bouquins.
- Kaochi
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Re: Le miroir onirique
Ce scénario m'a bien plu aussi, je n'ai pas voté pour lui car je n'avais pas assez de votes, mais il donne un scénario sympathique avec des soucis et des pnjs intéressants. :)
Bien joué !
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