Son regard, plein de conviction cette fois, revient se poser sur Henri « C'est une question de foi. »
Armand sourit tandis que sa femme précise « Les saints nous guident dans nos choix et nous poussent à agir avec bonté. En cela, oui, on peut dire qu'ils agissent concrètement sur notre monde. »
« Et vous, dans votre monde, qu'en est il ? Les esprits vous apportent ils conseil et sagesse ? »
Alors que vous vous apprêtez à répondre, Korian s'approche de votre groupe.
« Nous avons des nouvelles de votre ami. » dit il avant de remettre un mot à Duncan.
« Il semblerait qu'il ait tenu à vous remettre ceci personnellement. »
[secret=olaf_xlz]Le mot a été écrit sur une simple feuille pliée. En l'absence de sceau ou d'enveloppe cachetée, impossible de dire si Korian l'a lue ou non.
Voici ce qui est écrit dans la lettre :
[/secret]Isidore a écrit :A l'attention de Claude Duval, Duncan Mac Douglas,Henri de Montrouge, mais également Armand, Nicholai, le mari de Dame Cynthia et le conseil
Estimés camarades, peuple de Barovie
Je vous adresse par la présente mes excuses les plus profondes et sincères pour être parti de la sorte. Cette missive se veut à la fois excuse, explication et me servira de repentir pour des actes plus anciens.
Par quoi commencer? Peut-être le début, tout simplement.
Je suis Isidore, bordelais d'origine, sous-officier durant la majeure partie de la guerre, lieutenant de police sous Clemenceau par la suite et détective privé depuis quelques années.
Ma vie a été une succession de combats, pas toujours gagnés hélas.
En 1917, j'ai perdu toute mon unité au Chemin des Dames. Ce faisant, j'ai perdu mon meilleur ami et futur beau-frère. La violence de cette journée me hante encore, de même que l'erreur terrible que j'ai commise ce jour là. Tous sont morts par ma faute, par la faute des décideurs qui n'ont su anticiper le danger d'une embuscade. Je revis cette scène en rêve régulièrement et me réveille à chaque fois en sueur et dégoutté de moi-même.
Cette erreur m'a marqué, je suis devenu plus solitaire, j'enquêtais en privé, plus violent aussi contre ceux qui ne respectaient pas la loi et faisaient du tort à autrui.
Durant mes années aux Brigades, j'ai rencontré ce qui se faisait de pire dans l'homme, de plus noir et maléfique. Cela m'a rendu encore plus amer.
Depuis, j'ai du mal à m'attacher à quiconque, de peur le perdre, et je préfère rester à l'écart de toute possible amitié.
Si je vous raconte tout cela, camarades, c'est pour vous faire comprendre que j'ai peur d'être proche des gens et de les voir mourir, que je redoute la mort et la violence, pour moi et surtout pour autrui.
Je ne ferai jamais volontairement du mal à mes congénères, pas plus que je n'accepterai que l'on ne leur fasse du mal. Plus encore, personne ne mérite d’être blessé pour une cause qui n’est pas la sienne et je regrette profondément ce qui est arrivé au village de Barovia et à Dame Cynthia. Je suis encore sous le choc de n'avoir pas pu la sauver...
Cependant, j'engage toute la force de mon honneur à affirmer que je ne suis en rien responsable de l'attaque de cette chose! Je me suis jeté à corps perdu dans la bataille pour défendre les innocents et vous, mes camarades.
Je ne sais ce qui se passe ici, de même que je ne sais quel est ce lien qui nous lie, tous avec Ferdinand.
Mais je souhaite que vous entendiez mon repentir profond. Ce repentir que j'exprime ici,sur mes actes passés et présents, je ne l'ai jamais avoué à personne, et c'est ici, sur ce continent étrange que je confesse mes fautes... J'aimerais que ma Léonie soit ici, pour tout lui dire à elle aussi...
Je n'ai voulu aucun des événements qui sont arrivés à ce village, pas plus que je n'ai voulu blesser moralement des gens déjà éprouvés. Ma nuque roide m'a joué des tours et je vous prie de croire en ma contrition la plus sincère.
Armand, Nicholai, je n'ai rien à cacher. Je n'ai pas voulu vous faire peur ou vous menacer, loin s'en faut. Je suis perdu dans un monde qui n'est pas le mien et où je semble attirer le malheur, à mon corps défendant.
C'est pourquoi je souhaite m'engager à protéger Barovia, comme je l'avais déjà annoncé et je m'engage aussi à tout faire pour que nous retrouvions Paris et notre monde. Je veux prouver ma bonne foi et ma volonté inébranlable.
J'engage ma vie, mon honneur à la résolution de ces tâches et ne souffrirai aucun repos avant d'avoir réparé tout mes torts auprès du peuple de Barovie.
Je serai ce soir à proximité du rituel, prêt à faire face à mes torts et à laver ma réputation.
Sur mon honneur, la seule chose de bien qu'il me reste ici, j'exprime mon désarroi et ma désolation au regard de cette situation,
Vous transmettant mon repentir le plus profond,
Isidore de Mousteyrac
Après avoir remis la lettre, Korian reste à vos côtés, attendant visiblement votre réaction.


