[1] Cour centrale (Phérande)
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Une main sur chacun des bœufs, Phérande faisait corps avec la nature. Mais sa méditation et son isolement était constamment interrompu par les allées et venues de toutes les personnes qui se trouvaient dans la cour. La forteresse semblait avoir été conçue pour accueillir un grand nombre de réfugiés en cas de coup dur, mais les autorités n’étaient visiblement pas habituées à une telle situation. Malgré tout, ils faisaient de leur mieux pour s’aider les uns les autres. Sans doute étais-ce ça la civilisation à laquelle il avait tant voulu goûté.
Ygdrazor et Kairos avaient disparus sous les pans de la tente qui trônait au centre du campement, et Dreanne et Rurik étaient en pleine discussion sur les remparts en surplomb avec un nain aux poils presque aussi rouge que le sang versé. Soudain un cri strident s’éleva en provenance de la tour, étouffé par la lourde porte d’entrée entrouverte. Il ne dura que quelques secondes, mais le demi-elfe pouvait sentir la peur dans le timbre de voie.
[2] Remparts (Dreanne / Rurik)
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« Dreanne qu’vous vous appelez hein ? Moi c’est Castellan, mais tout le monde m’appel Le Rouge ici. » Il sorti de sa poche une petite fiole recouverte d’une fine épaisseur de cuir tanné et déversa quelques grains rouge sang de son contenu dans le creux qu’il avait formé entre les tendons de son pouce levé, avant de les porter à ses narines et d’inspirer profondément. Il regarda les deux compagnons droits dans les yeux alors que Dreanne mentionnait les activités se déroulant sur la place du village. Tous deux purent voir que des petits points rouges parsemaient le blanc de ses yeux.
« Vous avez bien raison, il se trame des choses pas nettes ici. Mais si vous voulez mon humble avis, c’est pas des cultistes que vous voyez là, c’est des gens à nous ! Les gardes ont repérés les mouvements ennemis par là bah depuis quelques temps et il semblerait que ces pourritures aient fait des prisonniers. » Il renifla bruyamment, suivi d’un raclement de gorge à décoller les tuiles, ponctué d’un cracha gros comme le poing qui alla finir sa course à l’extérieur des remparts. « J’sais pas trop s’qu’ils veulent faire d’eux, mais rien de bon je présume. »
Se tournant vers Rurik il dit « En tout cas ça fait plaisir de voir qu’un nain est parmi vous. Du sang de la montagne c’est ça qu’il nous faut aujourd’hui moi j’vous l’dit ! » Il marqua une pause, comme soudain perdu dans ses pensées, avant de reprendre aussi brusquement qu’il s’était arrêté. « Mais c’est pas mes archers et leur précision à deux balles qui va vous servir à grand-chose ; ce sont des bons gars et de solides combattants, mais ils ne seraient pour la plupart pas capable de toucher un ours à dix pieds. Non j’ai bien une idée mais j’suis pas sûr que ça soit possible. Enfin vous avez l’air de sacrés débrouillards, vous trouverez bien une solution. »
Il déboutonna sa redingote pour laisser apparaitre un plastron de plaque usé par le temps, dans lequel était enchâssé un énorme anneau de métal duquel pendait une bonne cinquantaine de clés de tailles et couleurs différentes. Il attrapa fermement l’une d’elle semblait-il au hasard et fit quelques va-et-vient énergiques de la main, avant de la tendre vers les aventuriers. « Y’a un vieux tunnel sous la muraille sud. Il a été construit en même temps que la forteresse y’a un paquet d’années en cas de siège, mais il n’a jamais été utilisé pour autre chose que le stockage des vivres et équipements. J’suis même pas sûr qu’il soit encore praticable. Enfin ça reste quand même la meilleure option qui me viens en tête pour aller et venir discrètement. »
[3] Grande tente (Ygdrazor / Kairos)
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Kairos se remettait de ses émotions récentes et souhaitait partager quelques anecdotes et pensées avec Ygdrazor alors qu’ils cheminaient ensemble vers la tente que leur avait indiqué le gouverneur Nighthill. Mais le jeune mage ne semblait pas des plus disposé à parler d’autre chose que de la situation présente. Les blessures subies par le tieffelin et lui même l’inquiétaient un peu plus.
Aux paroles d’Ygdrazor, le garde essuya les quelques larmes qui perlaient sur son visage, mélange de fatigue et de tristesse. Il se mit debout et indiqua du doigt un jeune homme qui s’afférait auprès des gens alités sous la tente. « Mehrik. » Réfrénant un sanglot il pointa vers un homme d’âge moyen à la barde courte qui discutait tranquillement avec une vieille dame. « Thobias. » Il respira un grand coup, reprenant consistance.
« Merci de vos paroles étranger. Excusez-moi pour mon emportement tout à l’heure, mais la vue de cette bigote n’a fait que raviver mes pensées sur le fait que ma femme et mon fils sont toujours là dehors, vivant dieu seul sait quel enfer. » Il marqua une pause brève en entendant qu’Ygdrazor cherchait un moyen de ressortir. « Mais vous êtes fou ? Vous voulez retourner là dehors ? Avec tous ces brigands et leur dragon de malheur ? »
Reprenant son calme il ajouta « Si vous voulez vous échapper sans être vue, je crois qu’il y a des grapins et des cordes qui trainent dans la réserve de la garnison. Qui sait, à la faveur d’un nuage vous pourriez sans doute passer par le mur est, il semblait moins gardé la dernière fois que j’ai fais ma ronde. Mais vous devriez sans doute en parler au Rouge avant, il n’aime pas vraiment les choses qui se passent sans son accord dans le fort. »
[4] Tour – rez-de-chaussé (Gilraen)
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Sonia ne s’était pas débattue lorsque les gardes l’avaient amené dans la cellule et mise aux fers. Mais maintenant qu’elle était attachée elle pouvait sentir le danger de la situation dans lequel elle était. Elle essayait de tirer sur ses liens, inutilement. Elle se calma soudain en entendant Gilraen s’adresser à elle dans un jargon qu’elle n’avait pas utilisé depuis bien longtemps. Elle resserra son poing droit, calmement, le regard plongé vers le sol.
« Eh bien maître elfe, que la main noir de Baine me frappe si je me méprends mais il se passe quelque chose entre vous deux. » Le gouverneur venait de faire son entrée dans la salle des geôles, et à ses paroles Sonia tira énergiquement sur ses chaines, sans autre effet que de les faire s’entrechoquer dans un cliquetis métallique. « Hahaha ne vous en faites pas, je suis trop vieux pour me soucier de ce genre de détails. » Son ton était jusqu’à présent jovial, mais il reprit soudain un air dur. « Non, ce qui me porte souci c’est l’engeance de votre espèce qui se presse à nos portes, pillant nos maisons et tuant nos familles ! »
Il fit signe au garde qui était revenu avec un pichet d’eau et une miche de pain de les déposer dans la cellule. L’homme s’exécuta et déposa le tout à côté de Gilraen, avant de ressortir. « Je vous laisse mener cet interrogatoire comme il vous semble. dit-il à l’adresse de l’elfe. Je n’ai jamais été un grand partisan de la violence inutile. Mais mes gens meurent là dehors, et ma patience commence à disparaitre. » Le gouverneur Nighthill se tenait debout silencieusement derrière la grille de la cellule.
Sonia releva les yeux vers lui, mais les détourna vers Gilraen qui offrait un visage plus familier et bienveillant. Frulam, c’est elle qui nous a engagé, avec ses habits pourpres et ses manières de grande dame. « Je ne suis qu’une mercenaire à la solde de ce maudit culte. Ils ont beau être une bande d’illuminés, ils payent rubis sur l’ongle et on est jamais à court de travail ces derniers temps. » Elle marqua une pause pour déglutir, les yeux désormais rivés sur la cruche d’eau au sol. « Je ne sais rien du temple ou de Greenest, tout ce que je sais c’est que nous avons reçus l’ordre de piller toutes les richesses en or, bijoux et autres possessions des habitations sur notre chemin. Nous devons faire halte demain dans un campement où tous les trésors sont entreposés, c’est pour ça qu’il y a tant de monde ce soir ; tous les groupes ont convergés vers Greenest en même temps, c’est juste pas de chance je suppose... »
Un gémissement se fit entendre dans la cellule attenante. Le kobold reprenait conscience. Se rendant compte de la situation dans laquelle il était, il commença à pousser des cris comme s’il voulait avertir ses compagnons. Mais voyant Sonia attachée à côté de lui il se tue aussitôt. « Moi je sais, moi je sais. Elle rien savoir, elle étrangère. Pas membre des dragons, moi culte du dragon, moi savoir. » L’attention de toute la salle se porta sur la petite créature qui se débâtait et gesticulait. Le tabouret qui le maintenait à niveau tremblait sous ses mouvements désordonnés.
« Chiens-dragons comme kobolds, serviteur de la dame dragon. La dame dragon nous mènera vers la déesse, oui, elle nous sauvera tous et nous serons les maîtres. Lennithon le messager des dieux, gloire à sa toute puissance, gloire au culte, gloire à la dam… » Le tabouret se déroba soudain sous les pieds de la créature, et un craquement violent se fit entendre lorsque les chaines se tendirent au maximum et stoppèrent sa chute, le corps du kobold pendant sans bruit le long du mur, les orteils à quelques centimètres au dessus du sol. Un garde alla aussitôt voir et, se retournant vers le gouverneur, dit « Il est mort ! Il s’est brisé la nuque sous le choc… »
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[ Vos situations respectives.
Ygdrazor et Gilraen, vous demandez trop d’information pour que je puisse répondre de manière cohérente dans un seul post, j’aime bien que les scènes soient un peu vivante donc va falloir redemander ce que vous voulez et qui n’a pas été couvert. Désolé
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