Cela fait à peine plus d'un jour que vous êtes à Ravenloft, et pourtant vous avez déjà l'étrange impression d'y être depuis toujours. Vous vous êtes habitués plus vite que vous ne le pensiez à vos nouveaux corps, et ce matin, votre visage dans la glace ne vous a pas semblé aussi étranger qu'il aurait sans doute du l'être... En cheminant les uns auprès des autres vers les portes Est, vous vous rassurez en vérifiant que malgré cela, vous n'avez encore rien oublié de votre ancienne vie...
Les baroviens vous regardent quitter le village sans chercher à vous retenir, même si l'inquiétude se lit sur certains visages.
Malgré les sourires et les salutations que vous recevez - autant de preuves que vous êtes désormais acceptés au village - vous êtes soulagés de quitter Barovia, qui commençait presque à devenir une prison dans la prison...
Le sentier s'enfonce dans les bois de Slavich, bien moins menaçants de jour qu'ils ne l'étaient la nuit. La ballade serait presque plaisante, et vous profitez de la douceur du temps printanier en songeant aux rigueurs de l'hiver parisien que vous venez à peine de quitter... Étrange comment tout ici semble à la fois beau et terrifiant, reposant et menaçant... repoussant mais... attirant, aussi ?
Perdus dans vos pensées, vous avez déjà fait la moitié du chemin quand la route fait un coude vers le nord. A quelques dizaines de mètres, une créature semble attendre, simplement assise sur une pierre au bord de la route, dans une pose qui vous évoque immanquablement un pastiche du penseur de Rodin. Vous n'avez pas besoin de vous approcher d'avantage pour reconnaître un spécimen de ce que les autochtones appellent des "sans âmes".
Vous entendez des bruits que vous ne parvenez pas à identifier venant des bois, au sud de la route.




