Voici un article entamé sur un coup de sang lorsque j'ai acheté le Guide des aventuriers de la Côte des Épées au moment de sa sortie. Grand fan des Royaumes Oubliés j'espérais beaucoup de cet ouvrage. Non seulement il donne des informations sur ce qu'il s'est passé dans les Royaumes depuis la version 4, mais il offre surtout une description de toute la région nord-ouest des Royaumes Oubliés, ainsi qu'une description générale du reste de Faerûn.
Pourquoi un coup de sang ? Pour la simple et bonne raison que la traduction des noms propres a été bâclée, sans aucune réflexion ni relecture. Et si certaines fois on remarque une volonté d'avoir une cohérence de traduction avec les éditions antérieures, on retrouve dans d'autres coins des traductions qui font perdre du sens aux noms initiaux.
Ne parlons pas des minuscules et majuscules qui s'alternent sans cohérence dans les noms propres et parlons des bêtises les plus insupportables.
Les Incohérences d'ouvrages et de gamme
Le Téthyr. En anglais Tethyr, on retrouve sur la même page (page 11) soit la non-traduction Tethyr, soit la version classique avec un accent "Téthyr", soit une version inventée pour l'occasion "Thethyr" - mais pourquoi rajouter un "h" qui n'a rien à faire là ! Et je ne parle que de la page 11 de l'ouvrage.
Darkhold. Darkhold est laissé Darkhold dans la majorité de l'ouvrage mais on retrouve Forteresse Noire en page 8. Pourquoi ?
Mont Hotenow. Mount Hotenow a été traduit dans ce livre par Mont Hotenow, mais avait été traduit par Mont Chaudenow comme en D&D3. Pourquoi changer ? Pourquoi se retrouver avec des noms propres différents entre les ouvrages d'une même édition ? Où est la cohérence ?
Underdark. Après avoir été traduit par Ombreterre dans les premiers ouvrages VF de la gamme DD5 (Monster Manual), Underdark redevient Underdark…
High Road. High Road est traduit par Grand Route ou Grand-Route (suivant les pages), alors que cela avait été traduit par Grande Route dans La Mine Perdue de Phancreux.
Mirabar. Retrouvé sous le terme Miramar p48.
La Mirar. Retrouvé sous le terme La Minar p48
Les termes laissés en anglais alors qu'ils possèdent une traduction française connue dans les gammes antérieures de D&D.
Sylverymoon. Au lieu de Lunargent.
Hartsval. Au lieu de Valcerf.
Marsember. Au lieu de Marsembre.
Thornhold. Au lieu de Gardépine.
Les termes en anglais qui auraient pu obtenir une traduction française
Château Hartwick.
Les termes restés en anglais dont on se dit que c'est une demande de WotC
Neverwinter, Silverymoon, Waterdeep, Candlekeep, Daggerford
Mais dans ce cas pourquoi avoir traduit Baldur's Gate par la Porte de Baldur ? J'en suis très content, mais au vu de la quantité de jeux parlant de Baldur's Gate, la ligne éditoriale imposée par WotC sur la traduction des noms propres devient incompréhensible si on peut avoir "La Porte de Baldur" mais pas "Eauprofonde" ou "Padhiver".
Les termes dont les traductions sont mauvaises
Monts du Crépuscule
Échine du Monde
Monts de l'Épée
Fort Heaume
Griffetroll
Champs verdoyants
Cornes orageuses
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"Je préfère la VO" ou "Moi je préfère la VF"
Avant même de se poser la question de la qualité de la traduction le premier débat qui anime chaque ouvrage de la gamme de D&D5 en version française (VF) (comme lors de ses précédentes éditions) est la préférence de chacun pour tel ou tel terme.
Considérer cette préférence personnelle qui s'attache généralement à la version à laquelle nous avons été confrontée pour la première fois n'a pas de sens du point de vue de la critique ou d'un choix "logique" de traduction ou non traduction pour une gamme commercialisée dans de multiples pays. Les "J'ai toujours connu Neverwinter, et Padhiver c'est trop moche lol XD ptdr Padhiver la loose, Neverwinter c'est trop badasse !" n'apporte rien au débat, tout comme les "Waterdeep c'est de la fiente en boîte, on est en France ici ou merd* ?!"
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Pour la petite histoire expresse
Le phénomène de la traduction des noms propres remonte à l'antiquité. Déjà les romains traduisaient les noms propres des penseurs grecques en latin, et cela dans un but d'appropriation intellectuelle de leurs écrits. Après la chute de l'empire romain, les connaissances et travaux des penseurs grecques et romains continuent d'exister grâce à leur version en langue arabe, et parviennent ainsi à l'occident au moyen âge où elles sont alors re-latinisées.
On passe de Aristotélès à Aristu puis Aristote que nous connaissons bien. Les noms des penseurs du monde musulman sont également occidentalisés pour être récupérés : Ibn Rushd devient Averroes, et Ibn Sina devient Avicenne.
La traduction des noms propres est alors un fait établi, d'autant plus qu'elle est nécessaire au minimum lorsqu'il s'agit de transposer dans son propre alphabet des noms propres (et communs également, bien sûr) appartenant à une langue ne possédant pas le même alphabet.
Mais avec la mondialisation est arrivé le besoin d'avoir un nom qui reste le même dans le monde entier, facilitant les échanges commerciaux. On a vu alors des entreprises changer de nom pour avoir des noms compréhensibles par tous, ou bien des noms qui ne veulent rien dire pour personne. Les flux humains suivant les flux de marchandises et de devises, il a été de plus en plus familier d'avoir affaire à des noms à consonance étrangère. Mais le soft power américain, par le biais des séries, films, musiques et autres divertissements, associé à l'importance de l'anglais dans l'économie mondiale (elle-même due au poids des puissances économiques ayant l'anglais comme langue natale) ont fait de cette langue une langue que l'on peut "raisonnablement" ne pas traduire, car "Ma foi, tout le monde comprend ! C'est de l'anglais ! Tu parles anglais ou pas ?" Aussi, même si la traduction des noms de personnes avait globalement pris fin à la Renaissance, il était coutumier de traduire encore les noms de lieu. Mais, depuis la fin du XXe siècle - début XXIe siècle, poussés par le climat de mondialisation, des puristes poussent à revenir aux noms d'origine. On retourne à des Santo-Domingo au lieu de Saint-Domingue, des Mumbai au lieu de Bombay, mais on n'a pas encore vu de "puristes" vouloir revenir à Nihon au lieu de Japon, ou l'égyptien Al'iiskandaria pour la ville d'Alexandrie.
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Alors traduction ou pas traduction ?
Il n'y a pas de règle universelle de la traduction parfaite. Les modalités de traduction des noms propres évoluent avec le temps, les usages du moment et la sensibilité du traducteur. Mais la traduction doit tout de même respecter certains principes, en particulier la traduction littéraire. La thèse d'Émeline Lecuit sur "Les tribulations d'un nom propre en traduction" rappelle certains bons usages de la traduction littéraire que je vais synthétiser ici, ou du moins pour les catégories de noms propres qui nous intéressent ci-dessus.
1. "Le traducteur doit produire un texte littéraire qui sera jugé comme tel par ses lecteurs. La traduction doit donc se fondre dans le paysage littéraire de la langue-cible. […] "tant que l'on ne sent pas l'étrangeté, mais l'étranger, la traduction a rempli son but suprême ; mais là où l'étrangeté apparaît en elle-même et obscurcit même l'étranger, alors le traducteur trahit qu'il n'est pas à la hauteur de l'original." (Humboldt)".
On comprend bien que le principal dans le choix de la traduction, et plus encore la traduction des noms propres, que ce qui compte c'est le ressenti du lecteur à la lecture du texte traduit. Si le lecteur a la désagréable impression que le texte qu'il lit comprend des noms ou expressions qui ne collent pas avec le reste du texte, la traduction est ratée. Est-ce que cela signifie qu'il faut forcément tout traduire ? Non. Prenons un roman de Sir Arthur Conan Doyle. Son personnage, Sherlock Holmes, habite au 221b Baker Street. Le traducteur n'a pas d'intérêt à traduire Baker Street par Rue de la Boulangère, car le nom propre Baker Street (oui c'est un nom propre du point de vue de la traduction) fait référence à l'Angleterre, à l'étranger, et trouver le nom originale d'une rue dans une histoire se passant effectivement dans un autre pays participe à l'immersion du lecteur.
Mais en ce qui concerne nos Royaumes Oubliés, il s'agit d'un monde imaginaire. Les noms propres directement issus de ce monde imaginaire soit ne veulent rien dire en anglais (Evereska, Anauroch, Mirabar) et sont des termes issus des langues des royaumes, soit ces noms propres signifient quelque chose en anglais. La langue parlée dans la région de la Côte des Épées et des Contrées du Mitan est le chondathan, or tout le monde des royaumes connaît Waterdeep ou Baldur's Gate en VO sous ce nom là (il n'y a pas un PNJ de la surface qui parle de Waterdeep en employant un équivalent dans sa langue régionale) ce qui signifie que les noms en anglais qui ont une signification sont employés non pas en chondathan mais en langue commune. La langue commune est la langue parlée par tous à la surface de Faerûn car c'est la langue des marchands, mais c'est également la langue des joueurs et du MD, c'est la langue avec laquelle tout le monde interagit avec tout le monde, et tout le monde doit comprendre ce qui est dit.
les anglais possède une version où tous les termes initialement en anglais, leur langue maternelle. Bien que Faerûn soit un monde imaginaire, étant donné que personne ne sait à quoi correspondent les consonances du chondathan (langue parlée sur la Côte des Épées et les Contrées du Mitan) il y a plus à parier que la langue comprise par le lecteur soit la langue commune des Royaumes oubliés (la langue parlée par les marchands, et donc partout à la surface de Faerûn).
2. "Traduire, c’est chercher et produire dans la langue-cible un signifiant ayant le même signifié que le signifiant de la langue-source. La traduction cherche une équivalence sémantique entre la langue de départ et la langue d’arrivée. Or, pour beaucoup, les noms propres n’ont pas de sens, c’est même ce qui fonde la catégorie des noms propres selon Mill. Et si l’on considère les noms propres comme de simples étiquettes vides de sens, alors le problème de leur traduction ne se pose pas. Le rôle du traducteur est alors très limité, il n’a qu’à transposer, inchangé, le nom propre du texte-source au texte-cible. "
3. "La théorie de la « non-traductibilité » des noms propres repose sur un nom propre considéré comme un signe linguistique incomplet, un signifiant et pas de signifié, et utilisé dans sa fonction identifiante. L’absence du besoin de traduire se transforme, chez certains auteurs, en une interdiction de traduire les noms propres, par respect pour « ce qui porte la marque de l’étranger »
C'est là la suite de notre raisonnement. Nous venons de voir que laisser des noms propres en anglais n'a pas de sens car l'anglais n'est pas non chondathan ni commun dans les Royaumes Oubliés, c'est la langue du lecteur qui est le commun dans les Royaumes Oubliés. Le lecteur de la traduction doit donc comprendre dans sa langue les termes qu'il lit si ceux-ci sont compréhensibles par les lecteurs de la version originale et qu'ils ne sont pas simplement des "étiquettes vides de sens". Et c'est là un point important de la traduction des noms propres dans les univers de fantasy. Lorsqu'un nom propre possède un sens, véhicule une idée, il vient renforcer ou compléter tout le background, la cohérence de l'univers. Lorsqu'un terme n'est pas traduit alors qu'il est porteur de sens, il appauvrit cette cohérence et prive les lecteurs des versions traduites de ces myriades d'informations dispersées à droite et à gauche.
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De la cohérence générale
Erreurs pures et simples de traduction
Il est une erreur qu'il convient de faire remarquer mais on ne va pas s'appesantir dessus tant elle est grosse : la traduction de The High Moor en Le Grand Marais au lieu de La Haute Lande. D'autant que l'ouvrage indique dans la description du Grand Marais, page 86 "Comme son nom le laisse supposer, le Grand Marais est une région surélevée de landes, d'affleurements couverts de mousse, et de ravins cachés qui s'étend sur des kilomètres." Je ne prétends pas être un expert des marais mais Larousse nous dit qu'un marais c'est :
Région recouverte par des eaux peu profondes, en partie envahie par la végétation.
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... rais#49242>
Pas tellement de rapport avec la description qu'en fait l'ouvrage. La carte elle-même indique qu'il s'agit d'une lande et non d'un marais par le code graphique avec lequel la région est dessinée.
On ne peut qu'espérer que Black Book Edition corrige rapidement cette erreur qui nous rend franchement perplexes.
Erreurs dans le même ouvrage
Au vu des erreurs que nous avons relevées précédemment, nous allons évacuer de notre réflexion les problèmes de traductions différentes au sein du même ouvrage (et parfois de la même page) qui relèvent manifestement d'une absence de relecture.
Différences entre les ouvrages de la gamme française de D&D5
Ces erreurs relèvent probablement également de l'absence de relecture des traductions de la part de quelqu'un qui s'occupe de la gamme chez BBE, et même de l'absence d'un glossaire des traductions déjà effectuées concernant les noms propres.
Politique commerciale de WotC
Comme nous l'avons vu plus haut, la non traduction des termes comme Neverwinter et Waterdeep relève probablement d'une volonté de WotC de conserver les mêmes termes dans toutes les langues pour optimiser ses campagnes commerciales promouvant le jeu vidéo Neverwinter MMO. Dans ce cas pourquoi ne pas imposer la même règle pour tous noms de ville afin que l'ouvrage ait une cohérence générale ? Mais même alors, le problème principal aurait été que les noms de villes anglais cohabitant avec les noms de lieux en français, on aurait perdu en crédibilité de l'univers donc en capacité d'immersion pour le lecteur (ce qui est d'ailleurs le cas pour les ouvrages traduits mais pas pour les ouvrages VO de la gamme D&D5). WotC pense marketing et passerelle entre ses différents produits quand les acheteurs de JDR pensent cohérence et immersion dans l'imaginaire. Et c'est probablement cette différence d'objectifs qui éloigne des acheteurs des versions traduites et les conduit à privilégier la VO.
Traduction et non traduction de noms équivalents
On remarque que Marsember est laissé Marsember alors que Secomber devient Sécombre. Le nom anglais est francisé dans un cas, il aurait dû l'être dans l'autre pour garder une certaine cohérence en sein du même ouvrage et avec les traductions des gammes antérieures.
Des nouvelles traductions pour des termes traduits dans des éditions antérieures
Qui dit nouvelle édition peut tout à fait dire nouvelle traduction des noms propres. Et bien que cette pratique fasse perdre de la cohérence entre les différentes éditions de Donjons & dragons, elle peut avoir l'avantage de corriger des erreurs de traductions antérieures. Mais pour ce faire il faut que la nouvelle traduction se rapproche encore plus du sens du terme traduit que ne l'était les traductions antérieures, et si le sens était déjà atteint alors la structure du nom propre traduit doit également tendre à être conservée.
On regrette que ce ne soit pas toujours le cas, et nous allons donner des exemples pour l'expliquer.
A. Les Monts du Crépuscule
Ces montagnes sont situées à l'est des Contrées du Mitan occidental et à l'ouest du Cormyr. Que signifie "Crépuscule" ? Prenons le Larousse : "
Lueur atmosphérique, due à la diffusion de la lumière solaire, lorsque le Soleil vient de se coucher (crépuscule du soir) ou va se lever (crépuscule du matin).
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... cule/20401>
Et
Tombée de la nuit.
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... cule/20401>
". Autrement le soleil est déjà couché et diffuse une lumière faible et particulière. Le nom Monts du Crépuscule laisse à penser que qu'une telle lumière est visible depuis ces montagnes, ou que ces montagnes sont plongés dans cette lumière. Mais en français crépuscule peut aussi signifier "
• Littéraire. Ce qui décline, ce qui est proche de disparaître ; déclin, fin : Le crépuscule de la vie.
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... cule/20401>
Auquel cas on peut se poser la question de savoir si plutôt quelque chose d'important n'aurait pas pris fin dans les Monts du Crépuscule, la fin d'une dynastie, d'une épopée, d'une ère, etc.
Sauf que les Monts du Crépuscule sont la traduction de Sunset Mountains. L'anglais pour crépuscule est dusk ou twilight, et il est beaucoup plus rarement traduit par sunset ou sundown. Sunset signifie le coucher du soleil, ou le couchant. Autrement dit c'est le moment où le soleil se couche et non le moment qui suit celui où le soleil vient de se coucher. Les traductions plus anciennes, qu'on retrouve notamment dans la 3e version de Donjons et dragons, proposant les Montagnes du couchant sont bien plus proche de la version anglaise et évite la confusion polysémique qu'amène le terme de Crépuscule. Pourquoi le terme de couchant est d'autant plus juste que crépuscule ? Parce que les Sunset Mountains qui sont les dernières montagnes à l'ouest de la Mer des Étoiles déchues répondent aux Sunrise Mountains qui sont tout à l'est de la Mer des Étoiles déchues. Et tout comme le japon est le pays du soleil levant parce que celui situé le plus à l'est du planisphère avant la découverte de l'Amérique, les Sunrise Mountains/Montagnes du levant, sont les montagnes les plus à l'est de Faerûn, tandis que les Sunset Mountains/Montagnes du couchant sont les plus à l'ouest de la Mer des Étoiles déchues et des Contrées du Mitan oriental qui ont été le théâtre de bon nombre d'aventures et de romans dans les premières éditions, devenant artificiellement le centre du monde et par la même le référentiel géographique à prendre en compte quand on veut comprendre certains toponymes des royaumes.
B. Échine du Monde
Échine du Monde est la traduction proposée par l'ouvrage en vf pour The Spine of the World
The Spine of the World est une longue chaîne de montagnes hautes déchiquetées, toujours couronnées de neige, et ressemblant à des aiguilles de glace pour les pics situés les plus au nord.
En français spine peut être traduit par colonne vertébrale, dos ou tranche (d'un livre - mais ici il n'y a pas de rapport), épine (pour la végétaux la plupart du temps), ou encore épine dorsale ou échine.
Le mot Échine est un synonyme d'épine dorsale, mais il signifie également
• Morceau de demi-gros du bœuf, comprenant l'aloyau et le train de côtes.
• Morceau du porc comprenant la région du cou et les 5 premières côtes.
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... hine#27325>
Autrement dit nous voilà une fois encore avec un terme polysémique qui peut prêter à confusion alors qu'il peut être remplacé par Épine dorsale qui, en plus de très bien imager l'état dangereux et escarpé de la chaîne montagneuse se rapproche plus du spine de la vo.
C. Monts de l'Épée
Les Monts de l'Épée sont situés sur la côte ouest du Nord, au niveau de ce qui s'appelle la Côte des Épées septentrionale. Les Monts de l'Épée sont la traduction de Sword Mountains - sword est au singulier et mountains est au pluriel. On pourrait se dire que Monts de l'Épée est une bonne traduction sauf que… Sauf qu'il faut replacer les Sword Mountains dans leur région géographique. La Côte des Épées (Côte au singulier et Épées au pluriel) est la traduction de Sword Coast (sword singulier et coast singulier) tire son nom (d'après les géographes des Royaumes) de la falaise qui longe cette côte depuis Baldur's Gate/Porte de Baldur au sud, jusqu'à Waterdeep/Eauprofonde au nord. Ces falaises blanches escarpées peuvent faire jusqu'à huit cent mètres de haut et reflètent la lumière du soleil telles les lames des épées. La Sword Coast/Côte des Épées est située en face de la Mer des Épées/See of swords qui tient son nom de la multitude de pirates qui parcourent ses eaux, ce qui n'a donc rien à voir. Le parti pris par la traduction française pour Sword Coast est de conservé la traduction traditionnelle Côte des Épées. Mais ce qu'il faut comprendre c'est que la Sword Coast des géographes est poursuivie au nord par les Sword Mountains, qui sont également très escarpées et tombent à pic, aux sommets recouverts de neige (donc blancs également), et c'est cette continuité géologique et morphologique qui vaut leur vaut le nom de Sword Mountains. Il est donc nécessaire de conserver une uniformité de traduction de Sword en le mettant au pluriel en français. Sword Mountains devient donc les Monts des Épées ou les Montagnes des Épées (comme dans les anciennes éditions de D&D). Qui plus est, la côte située au nord d'Eauprofonde prend le nom de Côte des Épées septentrionale. Celle-ci se poursuit jusqu'à Luskan au nord par une côte ponctuée de petites falaises discontinue et de criques sauf le long des Sword Mountains où la côte épouse plus facilement la Mer des Épées. Les sages appellent d'ailleurs la région située au sud de Neverwinter/Padhiver, la Contrée crépusculaire (The Twilit Land) mais cela est plus dû aux créatures qu'on y rencontre qu'aux caractéristiques du terrain.
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On pourrait me rétorquer que certains disent que la Côte des Épées trouve également son nom dans le fait que cette région soit le théâtre de nombreux affrontements tant sur la mer que sur la terre, auquel cas cela peut tout à fait convenir également pour les Montagnes des Épées car, comme nous le verrons en abordant la Forêt de Tertrejardin, les Sword Mountains ont connu leur lot d'immenses affrontements, et en particulier des armées de plusieurs milliers d'orques ravageant toute la région environnante.
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D. Champs verdoyants
The Green Fields a été traduit par Champs verdoyants, ce qui est une nouvelle traduction par rapport aux traductions présentes dans les précédentes éditions, notamment Arpents verts en D&D2 et D&D3. Si Feilds peut effectivement être traduit par Champs (ou par terrain, pré, zone, etc.), la question est de savoir ce qu'est un champs. D'après Larousse :
Étendue de terre propre à la culture
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... amps#14423>
Dans ce contexte on serait en raison de s'attendre que les champs verdoyants comportent des cultures, au moins en partie. Mais que savons nous de ces Champs verdoyants ?
Les Green Fields sont, d'après l'aventure Hoard of the Dragon Queen, des prairies vallonnées dans le nord, qui laisse peu à peu place à des coteaux abruptes et des plateaux rocheux à mesure qu'on se dirige vers le sud. Entre les plateaux, le terrain est complètement plan, parcouru de petits ruisseaux qui serpente au fond de ravines escarpées. Des champs de pierres s'étendent là où des pans entiers de plateaux se sont éboulés.
Avec une telle description, il devient difficile de considérer la traduction de Fields en Champs comme la plus appropriée, Fields ayant trop de sens potentiels pour se cantonner au premier qui vient.
Le Green ne fait vraisemblablement pas référence aux plateaux, donc il fait référence aux prairies vallonnées du nord et aux bandes de terre herbeuses entre les plateaux. Il est difficile de trouver un terme qui colle à ces deux caractéristiques différentes pour Fields. Éventuellement Prairies, mais le terme Arpent des précédentes éditions qui signifie simplement "étendue de terrain" est aussi généraliste de Fields sans sa connotation agricole, voilà pourquoi à choisir je préfère le nom Arpents verts/verdoyants à Champs verdoyants.
E. Fleuves et Rivières
S'il y a bien quelque chose qui n'était jamais traduit correctement dans les précédentes éditions c'est le terme river qui signifie à la fois les rivières et les fleuves en français. Les anglais ont un seul terme là où nous en avons deux, et un fleuve c'est :
Cours d'eau finissant dans la mer et souvent formé par la réunion d'un certain nombre de rivières.
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... euve#34069>
Quand un rivière c'est :
Cours d'eau de faible ou moyenne importance qui se jette dans un autre cours d'eau. (Pour la pêche on distingue les rivières de première catégorie, où dominent truite, ombre, saumon, etc., et les rivières de deuxième catégorie, où dominent des poissons blancs.)
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... a8re#68852>
Cette nouvelle traduction aurait donc pu être l'occasion de corriger définitivement (ou plutôt momentanément, ne rêvons pas trop) cette aberration géographique que de voir des rivières se jeter dans des mers des Royaumes oubliés. Le défi est manqué avec le Delimbyir considéré comme une rivière p45, la rivière Neverwinter en p49 mais le fleuve p50, la Rivière Dessarine p57 au lieu du fleuve Dessarine
Réussi avec Fleuve Chionthar p51, la Rivière Raurinp53 (mais orthographié à tort Rauvin sur la carte), La Rivière Surbrine (pourquoi rajouter un "e" à Surbrin et pas à Raurin ?)
Changements de traduction, pourquoi pas ?
A. Cornes orageuses
Traduction de Storm Horn, que l'on retrouve sous le nom de Cornes des tempêtes dans les précédentes éditions .
Ces montagnes sont parcourues de violentes tempêtes qui surviennent à n'importe quelle saison, parfois même lorsque le ciel est complètement dégagé. De telles tempêtes sont accompagnées d'un tonnerre assourdissant, d'éclairs aveuglants, et d'un vent terrible qui disparaissent en une demi-journée comme ils sont venus.
D'après le Larousse :
Tempête= Violente tourmente atmosphérique, en particulier sur mer.
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... aate#76302>
Orage = Perturbation atmosphérique violente, accompagnée d'éclairs, de tonnerre, de rafales, d'averses de pluie ou de grêle.
À partir de l’adresse <
https://www.larousse.fr/dictionnaires/f ... rage#55935>
Le terme tempête est donc plus générique et peut être un petit peu plus spécifique au milieu maritime, là où le terme orage prend en compte la foudre et le tonnerre. On peut donc dire que Cornes orageuses est une bonne traduction du point de vue du sens. Cornes des tempêtes sera une traduction préférable si c'est la continuité de la traduction qui est recherchée, mais le nom Corne orageuse peut tout à fait être pris.
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LES TERMES ANGLAIS DANS UNE LOGIQUE COMMERCIALE DE LA PART DE WOTC
Neverwinter -> Padhiver
Silverymoon -> Lunargent
Waterdeep -> Eauprofonde
Candlekeep -> Château-Suif
Daggerford -> Guédeladague
Traductions à préférer
• Sunset Mountains -> Montagnes du couchant au lieu de Monts du Crépuscule
• The High Moor -> La Haute Lande au lieu de Grand Marais
• The Spine of the World -> Épine dorsale du Monde au lieu de Échine du Monde
• Sword Mountains -> Montagnes des Épées
• The Green Fields -> Arpents verts au lieu de Champs verdoyants