Henri retourne au village en bougonnant qu'on ne l'écoute jamais...
Ses compagnons le regardent les quitter avec des sentiments partagés, mais le laissent s'éloigner considérant qu'après tout, ils ne devraient pas tarder à le revoir une fois de retour de leur première expédition.
Isidore s'approche de la créature et l'examine. la créature n'a pas de sexe, est de taille moyenne et se trouve munie d'ongles faisant office de griffes.
Elle semble dépourvue de bouche, mais vous savez d'expérience que le visage de ces monstres peut en produire une au besoin.
A y regarder de prêt, les muscles de la bête semblent en perpétuel mouvement, comme roulant sous sa peau bleu sombre.
Isidore constate que la créature réagit au bruit et aux gestes, qu'elle suit mollement du regard. Il rapproche sa main jusqu'à toucher la créature, mais la retire aussitôt en ressentant une espèce de nausée à son contact.
Le "sans âme" se redresse alors et penche la tête en avant, bras en arrières, griffes déployées. Toujours prudent et alerte, Isidore fait un pas en arrière, tandis que la créature dodeline de la tête en le fixant.
Isidore rejoint lentement Duncan, Claude et Jeanne, restés en retrait pendant son inspection, et la créature se calme bientôt en reprenant une posture indifférente, débout, bras ballants.
Dans le même temps, vous entendez s'approcher les sans âmes qui entouraient Jeanne , et décidez de poursuivre sans plus attendre votre route.
Laissant les créatures derrière vous, vous poursuivez la route vers le nord jusqu'à un nouveau tournant.
En l'absence de montres, vous avez du mal à estimer le passage du temps, mais vous estimez qu'il vous a fallut plus d'une demi heure pour franchir une distance qui sur la carte n'est pas sensée dépasser les 300 mètres.
De même, rallier les abords des portes, plus à l'est, vous prend facilement deux heures, confirmant si besoin était encore la précision apportée par Korian sur la carte qu'il vous a remis.
Le domaine est entouré d'un mur d'enceinte en pierre d'environ 6 mètres de haut. Même si le mur est envahi par la végétation, il tient bon et ne présente pas d'autre passage que les deux grandes portes grillagées sur lesquelles le chemin débouche.
Les grilles sont couvertes de rouille et ne semblent pas attachées l'une à l'autre. Il suffirait vraisemblablement de pousser l'une d'elle pour franchir les portes et poursuivre le chemin, qui continue d'ailleurs plus loin dans la forêt.
Vous vous trouvez encore à une trentaine de mètres des grilles.
Deux statues d'environ 4 mètres de haut se trouvent de part et d'autre du chemin, à une vingtaine de mètre de vous. Les statues représentent un homme et une femme, richement habillés. La statue de l'homme a été décapitée, et en cherchant spontanément sa tête du regard, vous l'apercevez , abandonnée sur le côté, dans les sous bois.
Il règne ici un silence presque total. Jeanne vous interroge du regard.
« Pourquoi vous arrêtez vous ? Ce n'est pas la sortie que vous cherchiez ? »
Mais malgré ses mots, vous sentez qu'elle aussi ne se sent pas particulièrement rassurée par cet endroit.