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Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 08 nov. 2016, 16:43
par Scytale
À la première question d'Alix, Aldrich hoche la tête, l'air légèrement pensif :

« De réputation. J'ai effectivement entendu dire que c'était pas un chouette coin. Comme je te l'ai dit, je suis pas trop villes, donc j'ai pas été y traîner mes grolles. Ça doit pas être facile de grandir dans un coin comme ça. » dit-il, toujours sur le ton de la conversation, mais avec un air de commisération non feint, autant dans son ton que sur son visage.

« Enquêter pour qui ? » demande-t-il d'entrée de jeu lorsque le mot vient, avant de se reprendre de façon plus avertie. « Enfin, si t'as le droit d'en parler. Je comprendrais que ce soit motus et bouche cousue. » assure-t-il.

Après tout, ce n'est pas comme si la question le concernait beaucoup, et s'il est vrai que le sujet éveille chez lui une certaine curiosité, il est tout aussi vrai qu'il préfère éviter de s'impliquer dans des ennuis. Quant aux autres questions de la jeune femme, il se frotte la barbe d'un air pensif d'une main, l'autre agrippant toujours les rênes de Hardi qui suit docilement le duo.

« C'était de la camelote, » affirme-t-il sans hésiter. « Pourquoi il proposerait des marchandises pareilles et s'attendrait à ce que qui que ce soit les achète, ça me dépasse... » À l'incitation de la demoiselle, il réfléchit encore quelques secondes, puis ajoute. « C'est sûr que c'est pas qu'un peu suspect. Tu penses que c'est juste une couverture à deux balles et qu'il se sert de son statut de marchand pour faire du trafic ou quelque chose comme ça ? »

Aldrich a beau être à côté de la plaque, sa supposition n'est pas dénuée de sens. Et puis il faut dire que soupçonner qu'il puisse s'agir d'ossements humains, ça ne lui viendrait pas à l'esprit ! En partageant ses soupçons, il fixe Alix d'un air interrogateur.

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 08 nov. 2016, 17:01
par yotus
Pour répondre à l'affirmation d'Aldrich sur la vie à Bindahé, Alix dit « Pas facile, en effet.. »

« Concernant mes commanditaires.. c'est.. compliqué. » Visiblement, la brune ne souhaite pas en dire plus. Du moins pas pour l'instant.

« On pense qu'il vend sa camelote pour se débarrasser de trucs plutôt.. compromettants. Mais ce n'est pas sûr, d'où mon enquête. En revanche, et tu t'en doute certainement, tout ça n'a rien d'officiel. Donc le moment venu, tu n'auras jamais entendu parler de moi, d'accord ? »

« Bon, on y est bientôt, à cette auberge ? Tu m'en diras plus sur toi ! » puis elle continue à discuter de banalités avec Aldrich, toujours en marchant à ses côtés.

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 08 nov. 2016, 18:23
par Scytale
« Pas de souci, » réplique Aldrich au sujet des commanditaires, gratifiant Alix d'un sourire accommodant et d'une petite tape sur l'épaule.

Lorsqu'elle en revient au sujet apparemment fort sérieux du marchand, il reprend toutefois un air moins jovial, et hoche la tête d'un air entendu, dans lequel on peut ressentir une pointe d'inquiétude.

« Pas de souci pour ça non plus. J'espère juste que tout ça va pas nous attirer des ennuis... »

C'est que le voyageur n'est pas dénué de ressources, mais des problèmes, moins il en a, mieux il se porte, aussi a-t-il pour habitude de ne pas tirer le diable par la queue. Il ne peut que se demander à qui et pourquoi la jeune femme a des comptes à rendre, mais n'étant pas homme à aller chercher la petite bête, il ne cherche pas à en savoir plus. Reste que la demoiselle lui est sympathique (et pas uniquement pour son physique flatteur), aussi ne lui souhaite-t-il que du bien. Lorsque celle-ci semble commencer à s'impatienter, il reprend un sourire franc.

« T'es pressée dis donc ! On y est bientôt, t'inquiète. Elle paye pas de mine, mais les prix sont raisonnables et y a du confort, contrairement a trop d'auberges que j'ai connues... »

Et ainsi repart-il sur un sujet plus anodin tout en faisant son chemin.

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 08 nov. 2016, 19:02
par TheBigLizardman
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La nuit est désormais totalement tombée. Le ciel auparavant découvert est désormais totalement obscurci par des nuages, à peine perceptible à cause de l'obscurité. Ni les étoiles, ni la lune, ne peuvent percer leur chemin à travers ce voile opaque. Les rues ont été totalement désertées, les seuls passants que l'on peut apercevoir se pressent de rentrer chez eux. C'est dans ce contexte qui tranche radicalement avec les festivités d'il y a quelques heures à peine que vous arrivez devant la devanture de l'auberge du Bon Beurre Salé. Un léger filet de lumière sort d'en dessous de sa vieille porte en bois. Vous n'êtes pas mécontent d'être arrivés vu l'ambiance qui règne désormais dans les rues. A peine la porte franchie, un agréable fumet de rôti se dégage des cuisines, dont on peut apercevoir une partie depuis le comptoir. Dans la salle, divers personnes sont éparpillées, on compte une jeune femme et un homme grisonnant en habits de prêtre, avec un symbole de "A" gravé sur le front. Dans le coin opposé à la porte, un étranger semble se noyer dans un nuage de fumé qu'il tire de son narguilé. Enfin, non loin de l'autre coin, se trouve Arthur, qui vous avait quitté il y a peu pour venir s'installer dans l'auberge. Lorsque vous entrez le tavernier vous salue: « Ah! Je ne pensais pas te revoir Aldrich, avec les événements, je pensais que tu partirais directement, vu que tu avais tout ton fourbi sur ton cheval. » Il se tourne vers Alix: « Et vous, quel bon vent vous amène? ».
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[ Bien, vous voilà tous dans l'auberge: il y a une écurie sur le côté de celle-ci, avec deux emplacements, dont l'un est occupé par un vieil âne. Scytale, je considère que quasiment tout ton équipement est sur Hardi, donc précise ce que tu prends dans ton prochain post. ]
Battlemap : L'auberge du Bon Beurre Salé

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 08 nov. 2016, 20:22
par Scytale
« ... enfin bref, je sais pas ce qu'il voulait ce type, mais tout le monde s'accordait à dire qu'il était bizarre. En tout cas, je l'ai plus jamais revu... »

C'est en terminant cette anecdote qu'Aldrich désigne d'un geste le Bon Beurre Salé, donc la devanture mériterait probablement une petite rénovation, mais dont le reste est au demeurant tout à fait correct. À proximité de l'établissement, un léger murmure et un fumet appétissant filtrent par la porte, rappelant au voyageur que ça fait maintenant plusieurs heures qu'il n'a rien mangé. Cependant, plutôt que d'entrer directement par la porte de devant, il fait un signe de tête en direction de la petite écurie attenante.

« Je vais poser Hardi. Je te retrouve à l'intérieur. »

Et ainsi fait-il, ouvrant la grande porte de ce qui n'est au fond qu'un gros box pour être accueilli par une puissante odeur de foin et de senteurs animales, dont le parfum n'a rien de nouveau pour un baroudeur comme lui. Remarquant avec plaisir que sa monture aura tout à fait la place de passer la nuit à l'aise, il la conduit dans le coin inoccupé et commence à la défaire de son harnachement et de son barda, qu'il cale dans un coin. Pas fâché d'être débarrassé de son fardeau, Hardi s'ébroue, puis se prête docilement à la toilette sommaire que son maître lui fait, ce dernier l'étrillant et le brossant vigoureusement avant de s'assurer qu'il a à manger puis de le gratifier d'une bonne claque sur le flanc.

« Voilà compère, t'as tout ce qu'il te faut ! Passe une bonne nuit et entends-toi bien avec ton colocataire ! » lui fait-il joyeusement.

« Hrmphhh, » répond le cheval, tandis que de son côté, le vieil âne ne réagit qu'en bougeant les oreilles, du reste parfaitement indifférent aux nouveaux venus.

Ceci fait, il se rend dans la salle principale avec uniquement ses vêtements, ses deux hachettes (par habitude), ses économies (qu'il porte dans une petite sacoche) et sa coutille. Ce dernier élément pourra paraître fort incongru dans un environnement pareil, mais l'arme est un souvenir de son époque parmi son peuple, et elle lui est devenue si familière qu'il se sent mal à l'aise à l'idée de s'en débarrasser. C'est idiot, mais il ne peut pas s'en empêcher... Et puis il faut bien avouer que dans un climat comme celui des dernières heures, on ne sait jamais ce qui peut se passer ; il vaut mieux être prêt à tout.

[ Je considère qu'Aldrich passe quelques minutes à installer son cheval. Si vous décidez qu'il se passe quelque chose entretemps, j'éditerai éventuellement mon post en conséquence. ]

Venant donc de l'écurie, Aldrich a à peine le temps de jeter un œil d'ensemble à la salle et d'adresser un « Bonsoir à vous, m'sieurs-dames ! » cordial à la volée qu'il se fait interpeller par le tavernier, lequel était manifestement en train d'accueillir Alix. Allant rejoindre le patron au comptoir, il prend le temps d'adresser à Arthur, qu'il reconnaît parmi les clients, un hochement de tête de reconnaissance avant de répondre au maître des lieux.

« Si seulement ! Avec ce qui est arrivé au Duc, Andros le préserve, les gardes ont ficelé jusqu'à la moindre issue. Pas moyen d'entrer ou de sortir avant au moins quelques jours. Au moins, ce sera bon pour tes affaires ! » Prenant la situation avec humour, comme le fait probablement le propriétaire, il enchaîne. « En parlant de ça, si tu pouvais nous servir à manger pour deux, une bière pour moi et ce qu'elle voudra à boire, tu seras bien aimable ! »

Ce disant, il s'accoude au bar [ ou s'y installe, s'il y a des chaises ] et laisse la parole à Alix.

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 08 nov. 2016, 22:27
par yotus
« Une bière pour moi aussi », réplique Alix aux deux hommes, avant d'enchaîner « Et comme Aldrich, je suis venu faire des affaires dans le coin, mais apparemment, les choses ne se sont pas totalement déroulées comme prévu. J'espère qu'il vous reste une chambre de libre ? » demande-t-elle à l'aubergiste.

« A moins que ton lit soit assez grand pour deux.. » dit-elle au barbare en lui faisant un clin d'oeil malicieux.

Une fois le tavernier retourné à ses occupations, Alix essaie d'en savoir plus sur la situation. « Le moine, ou prêtre.. enfin peu importe.. celui qui se trouve aussi ici.. c'est un ami à toi ? »

Après avoir obtenu quelques réponses, Alix continue à discuter avec Aldrich, de tout et de rien, mais sans en dire plus sur les raisons véritables de sa présence ici.

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 08 nov. 2016, 23:19
par Scytale
Aldich est un peu surpris par le choix de boisson d'Alix, la bière n'ayant pas la réputation d'être une boisson de demoiselle. D'un autre côté, il faut dire qu'harnachée comme elle l'est, elle ne fait pas vraiment jeune fille de bonne famille, ce qui n'est pas non plus pour lui déplaire. À la remarque assez peu ambiguë sur le lit, il répond sans se démonter et avec un sourire entendu.

« Y aura sûrement moyen de s'arranger. »

Lorsqu'elle évoque Arthur, le voyageur jette par réflexe un regard en direction du susnommé, et répond en toute franchise.

« À vrai dire, je le connais pas plus que toi. Quand tu nous as rejoints, ça faisait littéralement une minute que je l'avais vu pour la première fois. »

Se prêtant bien à la conversation, il tailla le bout de gras, évoquant ses voyages et ceux d'Alix, quelques anecdotes, les dangers qu'ils avaient rencontrés, l'état du duché, et bien d'autres sujets plus ou moins anodins.

« Au fait, cet arc, » demanda-t-il à un moment. « Où est-ce que t'as appris à t'en servir ? 'fin, c'est que j'imagine que tu te balades pas avec juste pour faire joli. »

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 09 nov. 2016, 00:46
par Antoine
Arthur mangeait le jarret que lui avait servi l'aubergiste, accompagné de haricots et de fèves. Muni uniquement d'une fourchette, il devait planter la viande et la porter à sa bouche pour en arracher la tendre et juteuse chair. Heureusement que l'aubergiste lui avait également donné un torchon dans lequel il pourrait s'essuyer sommairement : Arthur n'aurait pas aimé devoir s'essuyer dans la tenue qu'on lui avait donné, dans son monastère, la veille de son départ.
La bouche pleine, il retourne le salut de la tête que lui adresse Aldrich lorsqu'il rentre dans l'établissement. Cette attitude le gène un petit peu : il passe ainsi pour un rustre, mais se ravise M'est-il vraiment possible de passer pour plus rustre que lui ?
Arthur prend le temps de déguster son repas. Quelle heureuse coïncidence que Samia ainsi qu'Aldrich et sa femme Alix soient tous présents ici. Je suis sûr que si j'arrive à les faire parler, ce soir, j'en retirerai de beaux enseignements de vie. Merci Mithra !
Je rejoindrai le couple lorsque j'aurais fini de manger ce jarret. Peut-être ont-ils eu de nouvelles informations sur la durée du blocus que s'impose la ville, ou bien sur l'identité du criminel qui a tiré ce carreau d'arbalète meurtrier…
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Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 09 nov. 2016, 07:57
par yotus
Après avoir bu une grosse gorgée de cette bière bien fraîche, et pour une fois ayant un goût quasiment acceptable, Alix répond au barbare concernant Arthur « Ah d'accord.. il m'a l'air plutôt.. bizarre.. non ? Bon après, c'est peut-être une caractéristique inhérente à la fonction, j'en sais rien. J'ai jamais été portée sur la religion. »

Dès qu'Aldrich mentionne son arc, la brune reboit une bonne rasade de mousse puis lui dit « J'ai suivi un entraînement un peu particulier.. tu vois, les personnes sur lesquelles j'enquête ne sont pas toujours très.. coopératives. Et toi ? Chasseur par tradition, j'imagine ? »

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 09 nov. 2016, 09:19
par Arnaud
Ils ont fermé la chapelle... mais ils se retrouvent ici ? Samia jette un coup d’œil autour d'elle... A première vue, elle n'aurait pas qualifié cette auberge de "plus sûre" que leur chapelle dans le Coeur de Bir-André.
Elle garde cependant ses pensées pour elle et n'insiste pas.
Après avoir discuté un moment de sujets plus triviaux, Samia fait mine de se lever. J'ai promis à Mère de revenir au plus vite.
Plus que cette promesse, c'est l'inquiétude sur le sort de son père qui pousse la prêtresse à quitter la compagnie de Bismus.
« Je ne comptais pas rester trop longtemps, Bismus. Si la ville est bouclée, nous aurons l'occasion de nous croiser souvent. Si j'ai bien compris, c'est ici que je dois vous chercher au besoin ? »

[ mon but n'étant pas de séparer le groupe enfin réuni au même endroit, je te laisse gérer cela au mieux, en plaçant au mieux dans la timeline le départ souhaité de Samia.
(par exemple en faisant surgir le dragon rouge et ses trois diantrefosses au moment où elle s'apprête à franchir la porte. ]

Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 09 nov. 2016, 12:25
par TheBigLizardman



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L'étranger se lève, semble marmonner quelque chose dans sa barbe, et se dirige vers les escaliers en déclamant: « Le hasard? Non, il ne peut s'agir que de Ssasser pour m'avoir guidé ici. Du moins, la suite promet d'être intéressante. Je vous souhaite une bonne soirée. » Il monte à l'étage en terminant sa tirade.




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Le tenancier vous indique, en sortant de sa cuisine avec deux plateaux garnis de jarret de porc et de haricots: « Ne faites pas attention à lui, il semble taré, la fumée a dû lui brûler le cerveau au fil des années, mais bon, il paye bien. » Le tavernier pose la nourriture devant vous: « Faites vous plaisir, c'est de la viande fraîche, je suis moi-même allé la chercher ce matin, y avait un stand de boucherie, tenu par un gars du village de Lanvin, au sud, Bénard qu'il m'a dit qu'il s'appelait, je pense que c'était un bon gars, mais... » Il est interrompu par la porte qui craque sous un violent coup.



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« Oui, je comptais rester ici quelques jours, c'est que normalement je dors dans une pièce de la chapelle. » Au moment où tu te lèves, Bismus se redresse sur sa chaise pour te dire: « Vous savez Samia, je... » Il est interrompu par la porte qui craque sous un violent coup.




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La porte n'a pas été ouverte calmement. C'était la porte d'entrée d'une auberge, elle glissait facilement sur ses gonds, cependant, les nouveaux arrivants ont ressenti le besoin de l'enfoncer d'un grand coup de pied.
Un homme encapuchonné à l'air peu commode, à peine le pied reposé au sol après son entrée magistrale, pointe du doigt Bismus en criant: « Il est là! » Le second individu, dans le même accoutrement, pénètre rapidement dans la pièce, lève une lourde arbalète qu'il gardait baissée dans la direction de Bismus, et lui tire un carreau en pleine poitrine. Bismus, sous la force du projectile, est propulsé contre le mur, contre lequel il s'effondre dans un râle d'agonie atroce. D'autres hommes encapuchonnés commencent à s'engouffrer derrière les deux premiers, sortant des dagues de leurs amples robes sombres.
Gwalch:
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Battlemap : L'auberge du Bon Beurre Salé
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Re: [Chapitre I] Une fête inoubliable

Posté : 09 nov. 2016, 14:56
par Scytale
À la remarque d'Alix sur Arthur, Aldrich (décidément, que de noms en A) a une moue pensive, puis répond, à voix toutefois assez basse et sur un ton suffisamment détaché pour ne pas attirer l'attention du religieux non loin :

« J'imagine. Je m'y connais pas trop non plus, et pour tout te dire, j'ai jamais eu l'intention de m'y frotter de trop près, mais c'est pas rare de voir des religieux... inspirés. » finit-il sur ce terme diplomatique tout en ayant un grognement appréciateur à l'arrivée de la bière dont il prend une bonne lampée avant d'essuyer la mousse déposer sur sa moustache d'un geste automatique.

Quant à la maîtrise à l'arc de la jeune femme, il hoche lentement la tête, ne comprenant que trop bien que la demoiselle doit être un genre... d'espionne ? De chasseuse de primes ? Quelque chose du genre, manifestement. Pas forcément très rassurant comme métier, mais il a vu pire. Du moment qu'il ne se retrouve pas du mauvais côté de la brunette ou de ses commanditaires, il s'en accommodera. En ce qui le concerne, il répond :

« Si on veut ? Je sais bien le faire, j'aime bien voyager, et j'ai... pas vraiment d'impératifs qui me retiennent. Donc je gagne ma vie comme je peux. » répond-il sans s'appesantir sur la source de ses compétences ou les raisons de son vagabondage.

Sirotant ensuite sa boisson, il cherche quel autre sujet évoquer, quand l'étranger au narguilé s'esquive de la pièce, non sans les interpeller tous. Les sourcils dressés, Aldrich marmonne.

« En voilà un autre drôle de zigue... »
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De retour de la cuisine, le patron entend les propos d'Aldrich et y réagit avec la même incrédulité un peu désinvolte, tout en apportant au duo de quoi se rassasier. Oubliant presque toute pensée de personnes bizarroïdes, qu'elles soient religieuses ou non, le barbu écoute d'une oreille les propos du patron tout en se précipitant sur la cuillère incluse avec son plateau. Il a toutefois à peine le temps de porter une cuillerée de haricots à sa bouche que la porte juste derrière lui saute à moitié de ses gonds, le faisant se retourner comme un diable à ressort.

« Bordel ! » s'exclame-t-il en se saisissant de sa coutille par réflexe, fidèle alliée qu'il semble avoir été ô combien avisé de garder.

Tout se passe alors très vite, et il ne peut que voir bouche bée une bande de types sinistres faire une entrée fracassante et foutre sans autre forme de procès un carreau dans un des clients, lequel s'effondre, gravement touché. L'ouïe d'Aldrich enregistre vaguement un bruit de verre brisé à l'étage, mais son attention est retenue par des préoccupations bien plus immédiates.

Le temps se fige, alors que la tension est à son paroxysme...