Tyr

Dieu de la justice, LB [Guerre]

Tyr fait partie, avec Torm et Ilmater, de l'alliance de la Triade, au nom de laquelle de nombreuses croisades ont été lancées. Rares sont ceux qui ne connaissent ni son nom ni les idéaux enthousiastes qu'il représente. Sa voix est celle de la civilisation, pressant la rédaction de codes légaux et moraux, et souhaitant la tenue de procès équitables.

Le Dieu Mutilé

Tyr

Balance reposant sur un marteau de guerre

Tyr est une divinité autant progressiste que conservatrice. C'est une force de développement culturel dans les terres dont le système légal est inexistant ou corrompu, mais également un défenseur du statu quo dans les nations possédant des codes légaux bien établis. Dans ces nations civilisées, avant chaque procès criminel, les magistrats intègres murmurent une prière à Tyr pour qu'il leur accorde discernement, pondération et résolution. Utopiste, Tyr se veut le père qui façonnera une société parfaite pour les peuples de Faerûn, qu'il considère comme ses enfants prodigues. La douleur de savoir que ses adorateurs mortels n'ont aucun espoir de réaliser et de protéger un monde ordonné, sans défaut et complètement juste, nuance toutefois sa philosophie d'un arrière-goût de tristesse.

La cécité de Tyr, qui a également perdu sa main droite lors d'un acte de bravoure, date du Temps des Troubles, quand Ao lui-même le frappa aux yeux pour avoir osé mettre en doute sa justice suite au vol des Tablettes du Destin. Ses adorateurs ont depuis fait des stigmates de leur dieu des symboles de la justice et du prix que les justes doivent payer pour parcourir le chemin du droit et de la défense. Certaines sectes particulièrement radicales et dévouées à Tyr préconisent l'automutilation de leurs membres, une pratique qui est toutefois condamnée par la majorité des fidèles. Il est cependant d'usage de se couvrir l'un des ses yeux en l'honneur de Tyr.

Histoire et relation

En 1384, Tyr tue Helm dans un duel, pensant à tort que celui-ci avait volé le cœur de Tymora. L'année suivante, juste après la Magepeste, ayant perdu confiance en lui-même et en sa capacité de jugement, il abdique de son statut de divinité et donne à Torm tous ses pouvoirs, puis conseille à ses fidèles de faire allégeance à Torm. Il meut entre 1385 et 1479 en combattant contre une invasion démoniaque, puis parvient à revenir à la vie et à récupérer son statut divin lors de la Fracture.

Lors de sa présence relativement courte sur Toril, Tyr s'est attiré l'inimitié de nombreuses divinités et il s'oppose férocement aux dieux de la tyrannie, du mal ou de l'immoralité, particulièrement à Baine, Cyric, Mask, Talona et Talos.

Clergé et temples

Révélez la vérité, punissez les coupables, redressez les torts et soyez toujours droit et juste dans chacune de vos actions. Obéissez à la loi où que vous vous trouviez et punissez ceux qui répandent le mal en violant la loi. Conservez les archives de vos décisions, de vos jugements et de vos actes. C'est ainsi que vos erreurs pourront être corrigées, que vous pourrez agir sur les lois des terres où vous vivez et que votre capacité à repérer ceux qui violent la loi s'améliorera. Soyez vigilant et sachez anticiper les actes de vos adversaires de manière à repérer ceux qui s'apprêtent à commettre des injustices avant qu'ils commencent à agir. Vous pourrez ainsi les contrer avant qu'ils ne menacent l'ordre et la loi. Soyez le bras vengeur de ceux qui ne peuvent accomplir seuls cet acte.

Le culte de Tyr attire ceux qui veulent mettre de l'ordre dans le désordre, punir les mécréants et s'assurer que la civilisation prospère grâce à un système judiciaire équitable et attentif. Sa doctrine évoque une justice maintenue par une force bienveillante et une vigilance armée, une philosophie qui attire les paladins et les guerriers d'alignement loyal. Toutefois, la plupart de ses fidèles ne se battent pas sur les champ de bataille, estimant que les combats importants se livrent dans les tribunaux, en tant que bureaucrates, juges, baillis ou marchands. Les fidèles de Tyr ont tendance à tout percevoir en noir et blanc, dans un monde où les lois sont fixées pour le plus grand bien commun. Ils sont capables d'une grande intolérance, allant parfois jusqu'à la violence, et ne tolèrent pas la moquerie, la parodie ou la remise en cause des principes de leur foi.

Dans les régions où ne règne aucune loi, les clercs de Tyr servent de juges, de jurés et d'exécuteurs. Si aucun code civilisé n'existe, ils se reposent alors sur une doctrine proche de « œil pour œil, dent pour dent ». Cependant, s'ils doivent faire des erreurs, ils préfèrent que ce soit au bénéfice de l'accusé, et ils adoucissent les peines trop sévères quand ce dernier ignorait sa faute. Ces criminels voient leur nom ajouté au Livre des Condamnations, qui est partagé avec les temples les plus proches afin d'éviter qu'ils ne puissent bénéficier à nouveau de clémence en clamant leur ignorance. Dans les contrées civilisées, les prêtres de Tyr deviennent des experts en droit, des conseillers juridiques, des juges ou d'influents marchands très instruits des complexités de la loi qui peuvent même prendre la parole pour le compte des accusés. Ils voient cela comme une forme de charité, puisque leurs honoraires, parfois élevés, sont reversés à l'Église. Quelle que soit la contrée, les fidèles de Tyr ne soutiennent jamais une loi qu'ils estiment injuste selon leur Église. Dans certains cas, les fidèles de Tyr agissent comme les agents de la vengeance en faveur de ceux à qui on a fait du tort et qui n'ont pas les moyens ou qui ne sont plus là pour se défendre eux-mêmes. Quand la loi est tellement foulée du pied qu'elle perd tout son sens, les prêtres de Tyr agissent au plein jour pour défier le mal ou les forces corrompues, jusqu'au martyr si c'est nécessaire.

L'Église de Tyr est particulièrement bien organisée et possède de bonnes relations. Elle entretien un réseau étendu de temples fortifiés sur tout Faerûn qui obéissent tous à un ensemble de règles internes, les Édits innombrables, qui semblent malheureusement devenir de plus en plus pédants et ennuyeux au fil du temps. Tous les temples de Tyr sont à même de fournir un hébergement, des montures fraîches, des soins, des sorts, des armes, de l'équipement et des conseils sacrés. Ils peuvent aussi assurer la confession des péchés, une absolution qui joue un rôle capital pour la foi. Pour les gens du peuple, Tyr et son clergé sont des magistrats fermement au service de la justice. Souvent, les nuances paternalistes plus subtiles de sa philosophie leur échappent en faveur des enseignements plus manichéens sur la nature de la moralité. Ils savent que le dieu exige de ses adorateurs impartialité, discernement et bienveillance envers les innocents, ce qui contribue à la confiance que l'on témoigne à ses clercs. Beaucoup d'ordres de chevalerie sont consacrés à Tyr, comme les Chevaliers du saint jugement et les Chevaliers de l'épée miséricordieuse. De tels chevaliers, tout comme les juges, clercs et paladins qui le vénèrent, portent parfois de fines bandes de tissu diaphane sur leurs yeux pour rappeler aux autres l'aveuglement de la justice.

Dans la vie de tous les jours, les prêtres portent l'armure ou des vêtements pratiques, décorés au niveau de l'épaule par le symbole du Juste : le marteau et la balance. Pour les cérémonies, ils portent une robe bleue et violette agrémentée d'une écharpe blanche.

Sources : Dogmes et Panthéon (Spellbooks, 2003), Forgotten Realms Wiki