Culture drakéide

De nombreux mythes nous racontent la naissance des drakéides, mais tous diffèrent entre eux. Certaines histoires inspirent la crainte et le respect, et d'autres relatent la grandeur et la décadence des empires drakéides, dont le plus grand d'entre eux a disparu au cours d'une guerre dont on se souvient encore.

Histoire

Le dragon vit dans le ciel, l’océan, les marécages et les montagnes. Et les montagnes forment aussi son crâne. Sa voix tonne et sonne comme des cymbales de cuivre. Il souffle le feu et l’eau. Quelque fois unique et singulier, quelque fois multitude.

- Maxine Hong Kingston, La Guerrière

Plusieurs légendes racontent qu’Io, le grand dieu dragon, façonna les drakéides lorsqu'il créa les dragons, afin qu’ils servent ces derniers. D'autres contes disent qu’Io mourut lors de l'affrontement entre les dieux et les primordiaux, et au moment où les dieux draconiques Tiamat et Bahamut émergèrent chacun d'une des deux moitiés du corps brisé d'Io, les drakéides jaillirent de son sang, prêts à servir les dragons. Quelle que soit la véritable genèse des drakéides, le fait est que, lorsque la guerre contre les primordiaux se termina, en faveur des dieux, Tiamat et Bahamut entrèrent immédiatement en conflit pour obtenir le contrôle des races draconiques, et cela dure encore. De nombreux dragons et drakéides choisirent leur camp. Certains suivirent la voie de Tiamat, d’autres celle de Bahamut, mais la majorité prit un chemin entre les deux extrêmes.

DE LA LUTTE ENTRE BAHAMUT ET TIAMAT

Les historiens, drakéides et autres, ne sont pas d’accord sur l'issue du conflit draconique. Un petit nombre déclare que les forces de Bahamut remportèrent la victoire à cette époque. Plus nombreux sont ceux qui disent que les drakéides modérés sont devenus dominants, forçant ainsi les directives divines à passer au second plan face aux préoccupations de la vie courante. Mais le scénario le plus plausible est que les drakéides n’ayant pas pris partie au conflit ont montré plus d’intérêt envers des valeurs héroïques ou bienveillantes, comme le font le plus souvent la plupart des gens. Cet état d’esprit plaça les disciples de Bahamut dans une position favorable, leur permettant de poursuivre leur but, contrairement à leurs adversaires. En parallèle, les besoins des mortels prirent le pas sur les machinations des immortels.

Les familles drakéides formèrent des clans, de larges groupes s’unissant par proximité géographique et similarité de tempérament. Un grand nombre de clans se dévouèrent à servir les dragons, dont beaucoup appartenaient à des lignées ayant choisies l’un ou l’autre côté de la guerre entre Tiamat et Bahamut. Quelques-uns étaient des wyrms restés neutres qui guidèrent et accompagnèrent leurs serviteurs drakéides. Il y eu aussi des familles drakéides, quelques fois à la suite de la perte de leur protecteur, qui formèrent des clans sans relation avec les dragons. Ces clans unis avaient en commun une discipline militaire, indispensable en ces temps de guerres incessantes, ou simplement pour se défendre dans l’ancien monde. À l’intérieur de cette structure clanique, les drakéides et leurs seigneurs dragons formaient des états centralisés et coopérants entre eux. Ils développèrent un ensemble de lois codifiées ainsi que des institutions civiles et religieuses. La guerre et la diplomatie finirent d’unifier les royaumes. Les nations drakéides grandirent et déclinèrent. Et pendant ce temps, le conflit entre les dieux dragons fit de même.

Un ensemble unis de cités états drakéides formèrent alors le légendaire empire d’Arkhosie. La noblesse draconique prêta allégeance à un empereur dragon, que l’on surnommait dans la légende le Mordoré. Une bureaucratie drakéide soutenait la noblesse, protégée par les militaires dirigés par un général. Surina Moonscale fut le premier de ceux-ci. Le Mordoré et le puissant Moonscale considéraient Bahamut comme le dieu le plus respectable et cette foi aida à établir les principes centraux de l’empire. L’empire étendit son territoire dans le but d’apporter la civilisation, la connaissance et la sécurité aux gens ignorants dans les endroits reculés et sauvages. Il augmenta sa superficie aussi bien par la parole, le commerce et la bienséance, que par les combats. En quelques siècles, l’Arkhosie devint une force de pacification et de progrès irrésistible sur le point de s’étendre bientôt sur le monde entier, distillant la civilisation et une certaine idée de droiture dans sa marche. Le culte de Tiamat lui-même était hors-la-loi et forcé de se cacher.

Mais un mal autre que Tiamat accéda au pouvoir dans des pays éloignés des régions centrales d’Arkhosie. Inévitablement, les frontières en expansion du royaume fiélon de Bael Turath, dirigé par les tieffelins et les diables, se heurtèrent à celles de l’Arkhosie. Les idéologies, les cultures et les ambitions se percutèrent aussi. Aucun point commun ne put être trouvé entre les deux empires. Pour que l’un parvienne à ses fins, l’autre devait périr. La guerre était inéluctable. Elle se déclencha rapidement et brutalement, et dura des centaines d'années. Les deux parties furent aussi la proie de luttes internes. Le culte de Tiamat s’infiltra au cœur de l’Arkhosie, l’affaiblissant. Le désir des gens ordinaires d’être libres de toute entrave infernale empoisonna le puits du pouvoir de Bael Turath. Le culte de Baine étendit son influence sur les deux parties, poussant le conflit à l’escalade. Le Mordoré et de nombreux seigneurs dragons périrent, certains fuirent pour rester en vie mais perdirent leur honneur à la mort de l’empereur dragon. Des seigneurs mineurs des Neufs Enfers qui arpentaient les champs de bataille tombèrent sous les griffes des dragons ou sous les assauts des légions arkhosiennes. Ce qui n'était pas désintégé au cours des combats s’écroulait sous le stress causé par cette guerre atroce et apparemment sans fin, jusqu'à ce que les deux empires n’eurent plus ni les ressources ni la volonté de se battre. Quand la poussière retomba et que la fumée se dissipa, Bael Turath et l’Arkhosie n’existaient plus. Les fiélons de Bael Turath qui ne furent pas rejetés dans les Enfers se cachèrent dans les ruines, et les quelques seigneurs dragons restant en Arkhosie abandonnèrent les décombres ou se chamaillèrent pour les restes. Les tieffelins comme les drakéides furent forcés d’abandonner leurs terres pour chercher refuge ailleurs dans le monde.

La plupart des drakéides contemporains se sont maintenant intégrés dans des sociétés cosmopolites, vivant sur des terres qu’ils ne peuvent revendiquer comme étant les leurs. Et un petit nombre de clans et d'individus errent encore à la recherche d'une cause juste ou de richesse et de gloire. Mais tous continuent de vénérer le model drakéide créé en Arkhosie il y a des siècles et ses principes moraux.

Physiologie

Imposant, puissant et draconique, les drakéides ont un profil à part parmi les humanoïdes. Un drakéide moyen est grand et costaud comparé à un humain normal, même si la forme générale est la même. Ce qui les différencie aussi de leurs homologues humains sont leur tête de dragon, leurs écailles, leurs crocs et leurs griffes. Mais malgré une certaine ressemblance avec les créatures reptiliennes, les drakéides sont des êtres à sang chaud et non pas des reptiles à sang froid. Leur corps est suffisamment chaud pour paraître fiévreux comparativement à un humain. Un drakéide est donc plus à l’aise face à des températures froides. Le manque de poil sur le corps, couplé à une large bouche qui peut servir à évacuer la chaleur corporelle, font que les drakéides ne sont pas plus sensibles aux chaudes températures que les humains.

Les écailles qui couvrent un drakéide sont plus résistantes que la peau humaine, mais si elles protègent un drakéide contre de petites blessures éventuelles, elles ne protègent pas contre des dommages causés par des armes ou toute autre attaque. Les drakéides n’ont pas non plus les mêmes résistances élémentaires que peuvent avoir les vrais dragons. Comme ces derniers, cependant, les drakéides naissent d’un œuf, en général pondu seul ou, plus rarement, en paire. Les nouveaux nés sont rapidement capables de se tenir debout et de marcher, mais leurs dents mettent plusieurs mois à pousser. Durant cette période la mère allaite sa progéniture. Elle sèvre lentement l’enfant en passant d’abord à une nourriture molle puis à une nourriture normale, qui est principalement constituée de viande.

À la fin de sa première année, un nouveau né drakéide a le développement mental et physique d’un enfant humain de trois ans. Un drakéide grandit rapidement tout au long de sa croissance juvénile. À environ douze ans, le drakéide est une version grande et maigre de ce qu’il sera à l’âge adulte. Au cours des trois années suivantes il s’épaissit pour aboutir à sa forme imposante d’adulte. Leur ressemblance avec les dragons donne aux drakéides leur puissance physique. Les drakéides possèdent aussi une affinité presque surnaturelle qui leur permet d’acquérir des caractéristiques draconiques. La plupart d’entre eux développent un souffle qui devient dangereux lorsqu’ils atteignent l’âge adulte. Pourtant, un individu en particulier peut avoir plus de caractéristiques draconiques qu’un autre drakéide. Cela peut arriver dès la naissance. Un tel changement peut survenir alors que l’âme du drakéide s’achemine vers un état spirituel supérieur ou alors que son corps s’adapte à la suite d’exploits extraordinaires.

Drakéide

Psychologie

La psychologie drakéide s’articule autour d’une nature draconique tempérée par de forts idéaux culturels. L’étincelle draconique intérieure s’exprime par l’intensité de leur caractère ainsi que par un sens du soi bien développé. De cela émerge une résolution qui prend racine dans un désir sincère d’être le meilleur possible et d’être digne de son héritage. Le moi du drakéide est centré sur les traditions et les principes d’excellence, de responsabilité, d’honneur et de sagesse.

Fortement émotionnels, les drakéides vivent leur vie avec un naturel enthousiaste. Leur passion s’exprime promptement et les drakéides s’impliquent volontiers dans les tâches qui leur sont confiées. Dans sa plus simple et basique expression, cette ferveur s’exprime à travers des émotions extrêmes : un drakéide ne cache ni sa colère ni sa joie. Un tel sentiment refait aussi surface sous forme de férocité au combat, surtout si le drakéide sent sa détermination vaciller. Lorsque l’échec devient une réalité envisageable, les drakéides deviennent plus tenaces. Cela vient en partie du fait que les drakéides ont généralement une saine image d’eux-mêmes. Peu de drakéides sont timides ou réservés, sauf s’il s’agit de montrer un respect mérité envers les autres. Guidés par leurs valeurs morales personnelles, les drakéides prennent soin d’eux-mêmes ainsi que des créatures et des possessions qu’ils estiment. Cela ne leur pose aucun problème de demander ce dont ils ont besoin, ni de prendre le temps nécessaire à l’amélioration de leur compétences. Et ils s’attendent à ce que les autres en face autant. Comment des associés et des amis pourraient compter les uns sur les autres s’il en était autrement ? De quelle autre façon peut-on s’attendre à ce que la société fonctionne ?

Le paradoxe dans la croyance qu’ont les drakéides en une puissante dynamique de groupe est que, comme les dragons, tous les drakéides sont férocement indépendants. Ils apprennent cela lors de leur développement, tellement celui-ci est focalisé sur l’individualité. Cette conviction est donc une excroissance de leur fierté personnelle. Les drakéides voient les forces d’un groupe dont ils font partie comme l’expression de leur propre force. Les succès et les échecs du groupe deviennent ceux des drakéides qui en font partie, les renvoyant de la sorte à leur choix d’intégrer ce groupe. Associés à cette fierté, les drakéides ont des principes moraux élevés. Lorsqu’un défi se présente, le drakéide y fait face. Il se focalise sur la réussite et ne relâche pas ses efforts tant qu’il reste la moindre option permettant d’éviter l’échec. Cette caractéristique n’a rien à voir avec le mépris pour les défauts ou le manque de réussite. Les drakéides veulent être utiles et être vus comme indispensables par ceux qu’ils estiment. Ils veulent constamment montrer que leur assurance et la confiance que les autres place en eux ne sont pas déplacées. S’appliquer à devenir meilleur dans ce qu’ils font, en améliorant leurs acquis ou en diminuant leurs faiblesses, fait partie intégrante de la pensée drakéide.

La responsabilité occupe aussi une part importante dans l’état d’esprit drakéide. Cela peut être l’expression de leur attachement à ceux qui sont impliqués dans une situation. On peut aussi l’attribuer à la valeur culturelle que les drakéides donnent au respect, de soi et des autres, et à la sagesse. Aucun drakéide ne donne sa parole à la légère. En fait, les drakéides donnent souvent plus de valeur au respect de leurs promesses et de leurs engagements qu’à leur propre vie. La sagesse est donc primordiale pour les drakéides. Ils doivent juger les options qui leurs sont proposées et faire le meilleur choix. Un échec en cette matière n’est rien d’autre que cela : un échec.

Par la synthèse de tous ces éléments constituant sa personnalité, tout drakéide conscient de ses capacités doit se rendre compte qu’il ou elle ne peut pas réussir face à certaines circonstances. Les drakéides font preuve de sagesse en ne s’engageant pas à accomplir ce qu’ils savent ne pas pouvoir réussir. Ils font preuve de vertu en acceptant leur perception de la situation telle qu’elle est et en offrant la meilleure aide possible. Ils montrent leur courage en essayant d’accomplir quand même l’impossible lorsque le coût de l’inaction serait sinon trop élevé.

Des manifestations aussi positives de la nature drakéide sont courantes en particulier chez les aventuriers drakéides. Mais, comme pour toute créature faillible, les manifestations négatives existent aussi. La passion peut conduire les drakéides à la brutalité, à des conclusions hâtives et à une vengeance injustifiée. L’avidité et autres formes d’égoïsme peuvent surgir d’un moi malavisé. Une ambition aveugle peut arriver à la suite d’un engagement à l’excellence, tout comme une tendance à évaluer les autres sévèrement ou à entreprendre des actions téméraires. Bien qu’une telle déformation de la vertu puisse être le prélude à la méchanceté, la plupart du temps cela ne va jamais aussi loin. Un drakéide peut ne pas faire face à certains de ses échecs, mais un tel comportement de déni ne mène jamais vraiment au mal. Et beaucoup de drakéides malfaisants font preuve d’un certain nombre de scrupules, en particulier la courtoisie et le respect envers ses ennemis.

Culture

Les drakéides calquent leurs penchants culturels contemporains sur les glorieux jours de l’Arkhosie, lorsque les préceptes de dignité et de progrès étaient souverains dans l’état d’esprit drakéide. En Arkhosie, de puissants clans naquirent et formèrent entre eux des liens qui durent encore au sein des lignées drakéides. Avec cet empire perdu, les drakéides ont connu leur plus grand moment de gloire et devinrent porteur d’une éternelle vision de leur place dans le monde. La guerre contre Bael Turath et la perte de l’Arkhosie n’ont fait que contribuer à faire des drakéides ce qu’ils sont aujourd’hui.

Clan

DrakéideLes drakéides ont toujours préservés les clans et les lignées familiales, et les deux leurs sont essentiels, bien que la différence soit subtile. La famille est définie par les liens du sang existant entre les membres et ce aussi loin que les registres remontent. Un clan est une fédération de familles, unies dans les annales du temps, le plus souvent à des fins oubliées. Tous les drakéides vénèrent leurs honorés ancêtres, leur famille et leur clan. Ils exécutent leurs tâches en pensant à ce que leurs actions peuvent dire de leur lignée. De tels liens peuvent faire la différence entre la paix ou l’inimitié, la coopération ou l’antagonisme entre deux drakéides. Les familles et les clans ont une réputation, bonne ou mauvaise, qui n’a souvent rien à voir avec les descendants vivants d’une lignée.

Le désir de faire honneur à un legs respectable ou de laver un nom sali peut définir l’existence d’un drakéide. Certains drakéides préfèrent plutôt suivre cette infamie ou fuir les responsabilités imposées par le passé. D’autres tracent leur route selon leurs propres valeurs personnelles, cherchant peut-être à devenir le drakéide le plus performant et le plus admiré parmi les anciens du clan, devenant ainsi le chef du clan. Lorsque cela est possible, tous les drakéides d’un clan demandent conseil au chef du clan. Les anciens connaissent même certaines méthodes pour contacter un chef éloigné. Le chef de clan est également assisté de loyaux agents drakéides qui agissent en son nom pendant son absence et qui peuvent servir de messagers.

Garder le contact peut être difficile, mais les drakéides d’un même clan forment souvent ensemble des cartels ou des groupes. Les mariages sont décidés par des pactes séculaires entre les clans. Des drakéides avec de lourdes responsabilités voient ce genre de relations comme une aide pour élever et stimuler leurs enfants. Une salle entière, au sein d’un grand village, peut être dédiée aux drakéides de clans alliés, ou chaque clan peut avoir son propre hall comme dans l’ancien temps de l’Arkhosie.

Famille

Tout cet intérêt pour le clan provient du fait que, si les lignées familiales peuvent être considérables, l’unité familiale drakéide est très petite. Typiquement elle est constituée de deux drakéides : un couple ou un parent et un enfant. Les drakéides se marient pour procréer. Bien que des exceptions notables à cela existent, les liens du mariage cessent dès que la progéniture à trois ans. Si les parents n’ont aucune raison de rester proches, l’un d’eux, en général celui ayant le même sexe que l’enfant, l’élève et l’entraîne selon les préceptes de ce parent, de son clan et de sa famille. L’honneur veut qu’un parent élève un enfant correctement et que les adultes prennent soin des jeunes. Par les contes, l’instruction et l’exemple, le parent inculque la vertu et le savoir-faire à l’enfant. Bien que ce processus ait pour but d’éduquer, il confère aussi au jeune une concentration féroce. Sans un tel accompagnement, la nature féroce d’un drakéide ferait surface sous forme d’une brutalité sauvage.

Cependant lorsqu’il est instruit selon les règles drakéides, un adolescent apprend que l’honneur requiert le respect pour les anciens et ceux qui sont dignes, un effort sincère et sérieux, la fiabilité, le respect de sa parole et l’intégrité. Très jeune, il ou elle comprend que les actions entreprises peuvent apporter crédit ou disgrâce sur soi, sur la famille, le clan, voire sur tous les drakéides. Même les travailleurs et les artisans drakéides sont élevés dans la discipline, assistant à des pièces de théâtre inspirées par des leçons et des histoires de bravoure, admirant les hauts-faits de courage. Chacun apprend une chose ou deux en combat et en manœuvres militaires. Ils apprennent à être audacieux pour se défier eux-mêmes, mais aussi ceux qui font mauvais usage de l’autorité.

Là où les drakéides représentent une faible partie de la population locale, ce qui est courant, de si petites familles sont communes. Mais lorsqu’un groupe existe, le processus est différent et l’existence des drakéides est assez semblable à ce qu’elle était en Arkhosie. Dans de telles communautés, les drakéides élèvent leurs enfants en commun. Les adultes surveillent et enseignent aux jeunes tandis que les jeunes profitent du fait de côtoyer les adultes. Un unique parent possède toujours l’autorité et la responsabilité d’un jeune mais, même dans ces domaines là, les autres parents ne sont jamais bien loin et ont aussi leur influence.

Maturité

L’indépendance est inculquée aux jeunes drakéides à la moindre occasion. Lorsqu'à quinze ans les drakéides passent du statut d’adolescent à adulte, on attend d’eux qu’ils aient intégré dans leur comportement les enseignements de leur enfance. Ils ont du respect pour les individus compétents de toutes les races, même envers celles qu’ils combattent. L’estime qu’ils ont pour eux-mêmes et leurs aïeux les guide dans chacune de leurs actions. La responsabilité de leurs actions transite par eux et leurs parents et se répercute sur chaque individu, sur leur éducation et leur héritage. Un comportement respectueux et une audace inspirée font que les drakéides adultes sont différents de leurs homologues des autres races. La société drakéide produit moins de petits bandits mais plus de grands criminels : les drakéides ont plus de chance de devenir des caïds de la pègre que des bandits de grands chemins.

Quel que soit ce qu’ils font, que ce soit parmi les drakéides ou non, les drakéides sont conscient d’être responsables de leurs actes. Un forgeron drakéide cherche à être le meilleur, à repousser les limites de son art, à vendre scrupuleusement ses armes et à honorer ceux qui utilisent son armement en créant des objets de valeur. À son tour, le soldat drakéide, honore son armurier, son commandant et son clan, et remplit son devoir de son mieux. Il ou elle accomplit cela en prenant des initiatives au cours de l’entraînement ou pendant les combats et en aidant ses camarades. Ne pas reconnaître cette interdépendance est une erreur de jugement. Ce système basé sur l’honneur, la conscience et la responsabilité, était la force des drakéides lorsqu'ils servaient, en Arkhosie, les dragons.

Dragons

De nos jours, un drakéide au service d’un dragon est une exception, ce n'est plus la règle. Plusieurs clans se souviennent encore des derniers jours de l’Arkhosie, quand l’égoïsme et la lâcheté de certains seigneurs dragons était devenu bien trop évidente. Les drakéides issus de ces lignées peuvent mépriser les dragons. D’autres clans ont encore de l’estime pour les dragons et jugent leur valeur à l'aune de leurs actions. Mais la plupart des clans restent libres de toute influence draconique. Les quelques drakéides qui sont au service d’un dragon sont souvent plus brutaux que leurs parents vivants avec les humains et les autres races.

Magie

Les drakéides ont d’anciennes traditions de magie, se concentrant sur la guerre, le divin, les dragons et les forces élémentaires. Aussi féroce que peut l’être le cœur drakéide, leur magie est rarement utilisée pour accomplir des tâches triviales. Elle est l’arme des puissants. Malgré un talent naturel pour la voie du sorcier, un drakéide typique préférera un art arcanique qui ne le liera pas à des forces autres que les siennes. Les mages et les ensorceleurs sont réputés pour être secrets et excentriques, ce qui rend ces professions attirantes pour les drakéides. De plus, les pouvoirs des mages et des ensorceleurs sont proches de ceux des dragons, rappelant une certaine furie primaire. De nombreux clans possèdent des écoles de magie qui sont enseignées de génération en génération dans les lignées familiales depuis l’époque de l’Arkhosie. Ceci étant dit, parfois la voie du sorcier est l’expression acceptable d’un individualisme revendiqué ou le dernier recours d’un banni.

Mais les drakéides préfèrent les pouvoirs divins et notamment ceux du paladin. Se plonger pleinement dans la doctrine d’une foi donne du sens et un but à de nombreux drakéides qui sont à la recherche de cela. Bien que de ce fait un drakéide se lie à une divinité ou une Église, cela n’a rien à voir avec les stigmates rattachés à la voie pervertie du sorcier. Et l’obligation d’un paladin est de se tenir à l’avant-garde des défenseurs d’une Église, ce qui est un endroit parfait pour quelqu’un ayant l’esprit martial.

Religion

La foi est une question personnelle pour chaque drakéide et dans ce domaine les divinités draconiques se taillent la part du lion. Bahamut est extrêmement important parmi les drakéides mais le culte de Tiamat prospère dans le cœur des drakéides avares. Privés de leurs propres temples, la majeure partie des drakéides pratiquent leur religion dans des églises au sein de communautés mixtes. Ils participent à un minimum de rites, à moins que leur devoir ne le leur impose ou que cela leur soit demandé par un clerc, un paladin ou un ami pieux. Les anciens du clan officient aux mariages et funérailles drakéides, et à part eux seulement la famille et les amis proches y participent. Même si les dieux peuvent être invoqués lors de ces cérémonies, en faire des rites religieux serait une erreur.

Arts

DrakéideLes drakéides ont une attitude fonctionnelle et méticuleuse concernant leurs artisanats. Comme les nains, ils créent très peu d’objets à des fins purement artistiques, préférant joindre l'utile à l'agréable. Le fort individualisme des drakéides les poussent à se concentrer sur des objets personnels, comme les armes, plutôt que sur des objets intransportables, comme un sanctuaire. Une seule exception à cela existe dans le domaine de la joaillerie. Les artisans drakéides prennent leur temps pour faire leur travail. Un travail accompli est l’expression de la nature et des capacités de son créateur. Bien que les objets finis ne soient que rarement aussi ornés que ceux des nains, un objet drakéide aura toujours une particularité remarquable. Les éléments, les dragons et les écailles sont les motifs les plus communs, comme le sont les couleurs vives et les métaux précieux.

L’amour pour les couleurs vives et les métaux précieux s’étend aux bijoux, aux gemmes, aux ornements et même aux pièces de monnaie. Beaucoup d’artisans drakéides sont joailliers, tailleurs de gemmes, forgerons ou batteurs de monnaie. Représentant clairement la tendance draconique à amasser les richesses, les drakéides se parent de babioles de toute sorte. Les guerriers et les aventuriers drakéides quant à eux recherchent le meilleur équipement, et la plupart des drakéides font preuve de réserve et de goût en matière de parure, plutôt que de céder à des excès criards.

Loisirs

Améliorer leurs capacités et la compétition en général dominent les activités de loisir des drakéides. Lorsqu’un drakéide n’est pas en train de perfectionner ses compétences, il joue ou pratique une activité lui permettant de démontrer son courage : mental, physique ou spirituel. Les drakéides ne se limitent pas aux compétences qu’ils connaissent. Une part du développement personnel consiste à étendre son horizon. Les drakéides préfèrent vraiment les jeux compétitifs. Même s’ils apprécient les évènements par équipe, les confrontations dans lesquelles il y a un seul gagnant sont leur favorites. Par conséquent, un drakéide améliore ses talents pour les jeux de stratégie, les concours d’énigmes philosophiques, les rencontres improvisées de narration et les sports individuels.

La férocité de l’esprit draconique, couplée à la force physique et la culture militaire, poussent les drakéides à créer et à participer à des sports bien plus violents que les autres peuples ne peuvent l’imaginer. En fait, beaucoup de drakéides, même ceux qui ne sont pas des aventuriers, forment des clubs de combat ou de lutte, de même que des concours de prouesses martiales. D’intrépides drakéides se font la main dans des sports sanglants comme les combats de gladiateurs, les combats en fosse ou les duels.

Ennemis et alliés

Les drakéides ont peu d’ennemis jurés de leur race ou d’alliés. Leur histoire pourrait leur avoir donner une inimitié naturelle pour les tieffelins, mais en réalité ce n’est pas le cas. On ne peut pas en dire autant pour les diables.

Il est dans la nature des drakéides de former des liens forts avec des amis fidèles, et les compagnons proches d’un drakéide sont souvent considérés comme un membre de la famille ou du clan. Malgré la guerre de plusieurs siècles entre l’Arkhosie et Bael Tutath, peu de drakéides contemporains haïssent les tieffelins. La plupart voit la désintégration de ces deux nations comme un épisode honteux de l’histoire, généré aussi bien par l’érosion des croyances arkhosiennes que par la dépravation des dirigeants de Bael Turath. Beaucoup de drakéides reconnaissent aussi que les tieffelins actuellement en vie n’ont rien à voir avec les mauvaises actions de leurs ancêtres. Les drakéides jugent donc les tieffelins comme ils le font pour les autres races, sur le mérite individuel, respectant même un adversaire méritant. Des exceptions à cette généralité existent toutefois. Certains clans drakéides, particulièrement les barbares ou ceux qui servent encore les dragons, n’ont pas oubliés les vieilles rancunes. Cependant, le plus répandu est une certaine malveillance envers les véritables maîtres de Bael Turath : les diables qui menèrent l’ancien empire humain vers sa déchéance. Peu de drakéides auront confiance en qui ou quoi que ce soit un temps soit peu affilié aux Neuf Enfers.

Les drakéides comptent sur leurs alliés et leurs amis. En fait, les drakéides sont fréquemment éloignés de leur famille ou de leur clan, donc la camaraderie est essentielle dans ce monde qui s’assombrit de jour en jour. Les drakéides se donnent sans retenue à ceux qui ont confiance en eux. Lorsque leurs associés font preuve du même engagement, les drakéides les voient comme des membres de leur famille. Ils finissent par former des liens proches de ceux qu’ils ont avec les membres de leur clan, partageant leur histoire et celle de leur peuple. Les non drakéides devraient apprécier l’honneur qui leur est fait lorsque de tels liens se créent.

Écrit par Chris Sims, traduit par Deshi