PRÉPARER SA SÉANCE
« Alors, rapidement, j’ai ça, j’ai fait ça. Hum, attends, me reste ça à faire. Mince, je dois retourner chez moi pour chercher une feuille. Je reviens. Ha non, la voilà. Bon, attendez encore une petite minute. S’il vous plait. Harfff ! Me manque le tableau des critiques. Comment ? Ha oui, les pizzas, ouais vas-y commande pour neuf heures. Bon et moi, où l’ai-je mis ce tableau ? La galère… »
Et oui, la galère. Le début d’une partie se résume assez souvent par ces simples mots : la galère. Et pourtant, l’ambiance et la motivation des heures qui vont suivre dépendent du début de partie. Il serait donc intéressant de travailler ceci. MD, faisons un effort. Vous verrez, c’est simple et efficace.
ACCESSOIRES
Tout d’abord, récapitulons ce qu’il faut pour une séance :
- Ne pas oublier son scénario, les feuilles de personnage, les dés, des crayons et des feuilles. Le mieux, c’est d’avoir de quoi tout transporter du moins tout rassembler. Si vous avez des documents informatiques, glissez-les dans un dossier sur le bureau.
- Des joueurs. On est d’accord autant les prévenir bien à l’avance. Se mettre d’accord pour la date et l’heure.
- Il faut donc établir un horaire. De plus, il est intéressant de savoir dès le début de la partie quand on va s’arrêter. Il est en effet gênant de se rendre compte en plein milieu d’un combat épique qu’un tel doit bientôt partir.
- De même, il faut convenir d’un lieu. On peut conseiller un lieu calme. Il est plus agréable de jouer sans qu’il y ait des bruits parasites qui empêcheraient l’immersion des joueurs. D’un autre côté, les autres personnes présentes dans la pièce seront également gênées par la discussion entraînante d’une partie de jeu de rôle. Donc, préférer une salle isolée comme l’appartement d’un des joueurs. Bien sûr, ne laisser pas passer l’occasion de jouer dans une cave où un grenier. La pièce même vous aidera à instaurer une atmosphère propice au jeu.
- S’il y a des accessoires annexes à prévoir… Bah, vous y penserez sûrement.
LE TRAVAIL EN AMONT
On va passer sur le fait que vous avez déjà bossé votre scénario (un super scénar’, j’en suis sûr). Maintenant, vos potes vont arriver le soir et il ne vous reste même pas deux heures pour vous préparer. Deux heures ? Bon et il y a le jardin à tondre entre temps. Comment faire ?
Simple et maître mot : organisation. Maintenant, suivons chacune des étapes.
Travailler son scénario. Il est préférable de le faire bien avant. La méthode varie selon les personnes. Néanmoins, on peut conseiller une première lecture linéaire où on s’imprègne du scénario. Puis, on revient dessus pour faire une lecture plus approfondie. On y archive les séquences/scènes importantes, afin d’avoir la chronologie du scénario. Puis, on liste les personnages non-joueurs importants. On indique un trait physique marquant, son nom et toutes informations importantes en jeu. Le but étant de faire une fiche récapitulative utilisable en jeu donc il s’agit de faire plutôt concis. Enfin, on répertorie les lieux importants de la même façon que pour les PNJ. Enfin, on peut achever ce travail par trois tâches : se fonder un vocabulaire qui nous permettra de transcrire l’ambiance de la partie (sur une fiche par exemple) et préparer des listes de noms de personnes et de lieux afin de nous aider lors des improvisations (tout ce qu’on peut faire pour y prévenir sera le bienvenu, donc pourquoi pas monter des personnages habituels, des lieux courants, etc.) et enfin bien travailler l’introduction de la partie (organiser la rencontre des PJ, les impliquer dans la quête du scénario, etc.).
Rassembler son scénario, puis les règles, puis les accessoires (à ne pas oublier ! dés, crayons, feuilles vierges (petits carreaux)) qui seront utilisés. C’est bon ? Bon, on les fout dans un lieu où on pourra les récupérer dans deux heures. Mais avant, éviter d’y foutre le bordel. Si vous pouvez séparer les feuilles des autres, c’est mieux. Ainsi, rapidement vous sortez les feuilles des joueurs, puis vos feuilles de scénario, puis les règles et enfin le reste. Pour cela, utiliser un trieur ou bien un cahier où vous intercalez vos différents groupes de feuilles, ou pour les plus pauvres, vous faites un tas où vous inversez le sens des feuilles (un paquet horizontal, puis un vertical, etc.). On en profite pour constater s’il ne manque rien.
Ce travail fait. Un petit SMS de confirmation, ça coûte que dal et deux heures avant, c’est parfait pour rappeler les gens et pour éviter qu’ils n’arrivent trop en retard. De plus, c’est à ce moment-là qu’on peut demander à l’un ou à l’autre de faire quelque chose, histoire de vous alléger le boulot. On peut ainsi mettre quelqu’un sur l’intendance, il achète les bières, s’occupe des pizzas.
Se rendre au lieu de rendez-vous (souvent chez soi). Quand on arrive après avoir constaté qu’aucun de ses joueurs n’est encore là, on renvoie un SMS pour les sortir du lit et pour qu’il quitte un peu leur verre afin de profiter de votre super scénar’. Là, sortir le bon nombre de chaises pas besoin de trop de chaises, mais il ne faut pas non plus qu’il en manque une. Puis, étendez votre barda sur la table. Chacun à ses habitudes, on dira qu’on étend son écran de maître en premier. Puis, on place son ordi à sa gauche ou à sa droite. On le branche au secteur (évitons les pannes parce qu’on a plus de batterie). Puis, on étale ses feuilles de scénario, ses fiches récapitulatives. On sort ses accessoires. Normalement, si on n’a pas loupé la première phase, on sort tout l’un après l’autre et il ne manque rien.
CONSEILS ANNEXES
Bon, pour le moment, nous avons abordé les fondamentaux. Que faire si vous avez un peu plus de temps ? Peaufinons.
Afin de travailler l’ambiance : vous pouvez travailler sur le décor de la salle. Une salle munie de décorations relatives à la campagne que vous jouez sera un must-have appréciable. L’ambiance de jeu en sera influencée. Donc, blasons, chaînes et tonneaux vous seront profitables.
Se préparer une playlist. C’est long, c’est vrai. Mais, ça aide vraiment si vous souhaitez jouer avec de la musique. Au lieu de prévoir juste une ou deux musiques en toile de fond pour votre séance. Vous pourrez varier selon les scènes et ainsi correspondre à chaque ambiance. Il s’agit de vous trouver trois à quatre musiques pour chaque ambiance. Pour répertorier, on classerait : forêt, ville, mer, désert, combat, infiltration, horreur, course-poursuite, magie et fête. Pour la playlist, le logiciel MasterPlan permet d'avoir un fond sonore pour chaque scène. C'est très pratique... La bande-son change quand vos joueurs passent d'une scène à l'autre automatiquement.
Les improvisations sont des scènes relativement difficiles pour chaque MD. Pourtant souvent, il est plus intéressant de les jouer à fond. Ainsi, un travail en amont afin de vous aider lors de ces scènes vous permettra de vous faciliter le boulot et de garder une certaine cohérence. Ainsi, un pnj introduit lors d’une improvisation aura une personnalité stable et un nom qui ne changera pas chaque séance. Créer des tableaux de pnj en partant d’une profession, puis d’un nom, puis d’un trait physique facilement identifiable (c’est ce que se souviendront le mieux les joueurs), puis un caractère et enfin ses intentions vis-à-vis des pj. Une colonne pourra être dédiée pour la voix ainsi les voix des pnj ne varieront pas quand les joueurs recroiseront ces-derniers deux voir trois séances après.
Travaillez l'introduction de votre scénario. La plupart des scénarios ont des introduction bâclées, notamment ceux du commerce. Voici quelques règles pour l'introduction :
- Évitez les longues scènes d'exposition où vous parlez et les joueurs écoutent. Si vous avez besoin de fournir beaucoup d'informations, donnez un document écrit et ne dites que quelques phrases pour compléter.
- Peaufinez le rôle des personnages dans l'intrigue. Une bonne introduction fait des PJ les héros dès la première seconde du scénario. Pensez que l'introduction doit montrer que les personnages sont les acteurs centraux de l'histoire. S'ils sont dans l'ombre des PNJ, votre introduction n'est pas bonne.
Si vous voulez que les joueurs planchent sur un document (et c'est toujours une bonne idée), préparez plusieurs copies de ce document (une pour deux joueurs au minimum).
Pour les scènes de combat avec cartes tactiques, il vaut peux qu'elles soient prêtes avant. Il est déjà assez pénible et long de placer les figurines (ou les pions). Par conséquent, on privilégiera les cartes tactiques complètes à celles qu'on trace sur un véléda ou qu'on reconstitue avec des "tiles". Par exemple, il vaut mieux un terrain en vinyl (type Chessex) avec le terrain tracé au stylo lavable à l'eau qu'un terrain sur le battlemat de Paizo, tracé au stylo effaçable à sec (le terrain s'efface trop facilement).