Par rhapsode le 27 Sep 2009, 00:30

US ET COUTUMES AU MOYEN-ÂGE

Le Moyen-âge s’étend de la chute de l’empire romain d'Occident (395) aux Grandes Découvertes (1492). Ce qui correspond, en gros, à un millénaire. Un millénaire où les royaumes et les dynasties se sont succédés contribuant à l’avancée du progrès qui nous mena à notre époque.

MESURE DU TEMPS

L’année est divisée en 4 saisons qui traduisent les travaux des paysans, séparées par le sacerdoce de l’Église :

  • Hiver : la terre gelée est au repos et les paysans se font bûcherons ou artisans.
  • Printemps : c'est le moment des labours (dès que la terre est dégelée) puis des semailles, de la taille de la vigne également, ainsi que de la tonte des moutons.
  • Eté : c'est le foin que l'on fauche en premier, puis vient la moisson.
  • Automne : en octobre la terre est travaillée à nouveau pour recevoir les semailles d'hiver qui germeront au printemps suivant. C'est aussi le temps de la vendange. La forêt donne ses fruits, miel, glands pour engraisser les porcs, noisettes, châtaignes. On fabrique également les charbons de bois pour l’hiver.

Le jour est découpé en 8 périodes, chacune débutant par un office religieux (prières) :

NOTE

Il existe historiquement plusieurs définitions, dû par exemple au fait que ce n'est qu'au Vème siècle que Prime fut ajouté, et à des définitions différentes en Orient et en Occident.
  • Matines : office de la nuit (Minuit)
  • Laudes : office de l'aube (3h)
  • Prime : office de l'aurore (6h)
  • Tierce : office de la 3ème heure (9h)
  • Sexte : office de la 6ème heure (12h)
  • None : office de la 9ème heure (15h)
  • Vêpres : office du soir (18h)
  • Complies : office du retour au calme (21h), le coucher du soleil

POUVOIRS

Quelques notions :

  • La royauté : la monarchie est le régime politique le plus répandu en Europe. La royauté n’est pas encore absolue, mais elle possède déjà son caractère d’ordre divin. La légitimé du pouvoir se fait par hérédité. Les dynasties forment une affiliation quasiment respectée de père à fils ainés.
  • La féodalité : c'est une organisation hiérarchique de la noblesse liant les membres entre eux. L’échelle des titres : Roi, Prince, Duc, Marquis, Comte, Vicomte, Baron, Chevalier.
  • La vassalité : la cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s'agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. Le jeune vassal reçoit un fief (le plus souvent une terre qui appartient au seigneur ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple) et, en échange, il jure sur les saintes Écritures, ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.
  • La chevalerie : c'est un système devant maintenir l'ordre et la justice et ayant pour centre le château fort. Cela en devient une ascension sociale, où le prestige, la renommée et le courage prime.

PLACE DE L'ÉGLISE DANS LA SOCIÉTÉ

Elle est sans conteste très présente. Les croyants sont très fervents, et dans chaque village la place de l’église et celle de son curé sont très symboliques. Elle régit dans le fond toute la vie au moyen-âge, elle place les règles de l’éthique et impose sa morale.

Le clergé catholique est constitué : du clergé séculier (encadrant les fidèles, curés, prêtres et diacres) et du clergé régulier (se retirant dans leur monastère, abbés, prieurs, chanoines, moines). Le pape, qu’il soit au Vatican ou à Avignon, a un pouvoir incontestable sur les monarques des royaumes espagnol, français, germain et anglais. Les persécutions massives sont rares.

La manifestation de la foi Catholique se retranscrit par le toucher des reliques que l’on sort lors de processions, de longs pèlerinages. La frontière entre le sacré et le profane est toujours ténue : la peur de l'enfer et du diable motive bien des comportements. Le Moyen Âge est aussi l'époque de l'épanouissement de la mystique chrétienne.

L' Église catholique perçoit des impôts tels que la dîme dans le royaume de France. Elle reçoit des dons en terres, en meubles ou en argent de la part des puissants qui attendent en retour son aide spirituelle (prières) et politique.

Le clergé se fait obéir et respecter des fidèles. Il distribue les sacrements nécessaires au salut de l'âme. Le curé qui baptise les enfants, marie les couples, bénit les moissons et entend les confessions est un personnage incontournable de la vie quotidienne. L'église et le cimetière sont au cœur du village et sont des lieux d'asile et de réunion. Les cloches rythment le temps et le calendrier célèbre les temps forts de la vie de Jésus. Le clergé exerce des fonctions sociales telles que la charité, l'éducation (écoles monastiques puis épiscopales), les soins (hôtel-Dieu, hospice).

IMPÔTS

Les serfs doivent toutes sortes de taxes. De la Blairie à la Gabelle du sel pour les seigneurs à la Dîme pour l’Eglise, ils sont accablés par ceux-ci.

SYSTÈME PÉNAL

L'homme médiéval, vit dans un monde fragile, la crainte des vivants, mendiants, vagabonds, colporteurs, tous les exclus, souvent redoutés. Des croyances ancestrales, la peur du diable au travers de la sorcellerie, ajoutée aux craintes de la religion elle même, à celle de l'enfer.

Le système de Justice pénale est instauré par et pour le Pouvoir, afin d’éliminer toutes formes de Justice privée. La peine elle même devient l'affaire de l’Etat et non de l'individu. Saint Louis rend la justice et libre à lui de conclure et d'agir à sa guise. Il décrète que les poursuites envers certains criminels sont un devoir public. Le roi disait lui même, qu’on ne puni pas le malfaiteur pour les méfaits mais pour l'exemple. Le crime quelque soit la gravité a toujours la possibilité d’être gracié.

Nous avons donc divers types de sentences : le fouet, l’amende, l’incarcération, l’ultimum supplicium (dont la pendaison, la décapitation, la crémation qui s’adresse aux aux sorciers et sorcières, aux hérétiques, aux homosexuels, aux juifs et aux Faux-monnayeur). Le Jugement à Paris est prononcé, devant la "Maison de force" en présence des nobles hommes, du "Lieutenant Podestat" du "Seigneur Mayeur", de sa Justice et de la patiente. Des supplices sont particulièrement atroces tels que celui de la tombe qui consiste à enterrer vivant quelqu’un, celui de l’estrapade pour l’inceste, la bouillie dans un chaudron et l’écartèlement. Et dernier aspect du système pénal est la charrette, amenant le condamné à l’échafaud.

Le mode d’emploi de l'estrapade d'après Wilhelm Pressel : Le bourreau lui lie les mains, lui coupe les cheveux et la place sur l'échelle. Il lui jette de l'alcool sur la tête et y met le feu pour brûler la chevelure jusqu'aux racines. Il lui place des morceaux de soufre sous les bras et autour du cou, et les enflamme. Il lui lie les mains derrière le dos et l'élève jusqu'au plafond. Là, il la laisse suspendue pendant trois ou quatre heures jusqu'au petit déjeuner. A son retour, il lui asperge le dos d'alcool et y met le feu. Il lui attache de très lourds poids au corps et l'élève à nouveau. Après cela, il lui place le dos contre une planche hérissée de pointes acérées et la remonte une fois de plus jusqu'au plafond. Il lui comprime alors les pouces et les gros orteils dans les vis et lui frappe les bras avec un bâton. Il la laisse ainsi suspendue pendant un quart d'heure jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse. Puis il lui presse les mollets et les jambes à la vis. Il la fouette ensuite avec un fouet conditionné pour la faire saigner. A nouveau, il lui place pouce et gros orteils dans les vis, de six à treize heures, pendant qu'il va manger un peu avec les officiels de la cour. Le lendemain, ils reprirent mais sans pousser les choses aussi loin que le jour précédent ...

Pour les crimes de type vol à la tire, vole à l'étalage, on marque les coupables avec un fer rouge des sceaux distinctifs pour qu'on puisse les reconnaître. Puis on les exposait sur un pilori, le supplice avait une durée variable d'exposition en place public. Une forme plus simple du pilori était le carcan (qui permettait également de tuer le condamné par strangulation). On pouvait même en venir à la coupe d'un membre comme la langue pour les menteurs. Là encore, la société est très empreinte de la religion, car les sentences étaient identifiables à celle qu'allait souffrir les coupables en enfer. Ainsi menteurs et voleurs étaient rejetés par la société. Mais ce qui marqua le plus au moyen âge fut la chasse aux sorcières.

ESSORT URBAIN, TRANSPORTS ET COMMERCE

Sans transition. La vocation militaire de la ville décline au profit du château-fort mais elle-même s'enferme derrière des murailles. La ville devient le lieu du pouvoir et les capitales se développent (Paris sous Philippe Auguste). Les villes deviennent des centres de production, des carrefours commerciaux. Marchés publics médiévaux où se pressent aux aurores les marchands afin de vendre leur(s) marchandise(s), les foires étaient d'une importance primordiale au Moyen Âge.

La vente de marchandises permettait en outre la facilité des échanges commerciaux via un pays. Effectivement, ces routes exportatrices de marchandises en tout genre - de la soie en passant par les épices - concernaient seulement l'Europe et quelques pays desquels l'Europe importait des marchandises. Les principaux axes commerciaux consistaient en fleuves, rivières... Les moyens de transport étaient donc le radeau, la gabare traversant essentiellement le détroit de Gibraltar et transportant hommes et marchandises. Ainsi, les commerçants étaient divisés en deux groupes bien distincts :

  • Les simples boutiquiers, installés dans les villes, qui achètent et revendent uniquement leur marchandise à une clientèle locale ou à des colporteurs.
  • Les commerçants riches, également appelés « corporations riches » qui vendaient souvent des marchandises précieuses telles que la soie, les épices, la teinture pour les tissus (pastels). Pour obtenir donc la marchandise désirée, ces marchands signaient des ententes, autrement dit « commendes » sur lequel un partenaire fournissait la somme récoltée et l'autre se chargeait d'entreprendre les voyages étrangers auxquels il participait. Bien entendu, tous deux se partageaient les profits équitablement. Les membres de la corporation étaient donc généralement des commerçants prospères qui achetaient des objets leur procurant un plaisir instantané (nourriture, vêtements...) au lieu d'objets qui durent des décennies (meubles...). On peut en outre noter que les femmes étaient rarement dans ce cercle.

L'immense réseau de voies de communications élaboré par les Romains, cette œuvre parmi les plus colossales de l'ingénierie civile de tous les temps, devait malheureusement disparaître avec le collapsus de l'Empire. En plus des pèlerins, qui voyagèrent habituellement à pied et par groupes peu nombreux, beaucoup d'autres voyageurs en transit empruntaient le chemin français : montreurs, acteurs, ambulants, bambocheurs, femmes de mœurs légères, arracheurs de dents, barbiers, drapiers, commerçants en vin, marchants de bois, vendeurs d'eau, vendeurs de reliques (toutes certainement fausses) ; toutes sortes de prêtres et de frères, les membres d'ordres mineurs tels celui des frères mendiants. Ils voyagent à pied, à cheval, à dos de mulet, en bateau ou en charrette (tirée par des bœufs ou des chevaux). Les routes ne sont pas toujours très sûres et les voyageurs ont peur des loups et des brigands. De plus, des pistes caravanières et des routes maritimes rejoignaient l'Inde, le Sud-est asiatique et la Chine.

NAVIGATION

Le grand commerce médiéval bénéficia des progrès réalisés dans la construction des navires et dans l'apparition de nouveaux instruments de navigation. L'innovation la plus importante fut la diffusion de la boussole. Son origine reste incertaine : si les Chinois la connaissaient depuis longtemps, ce sont peut-être les Arabes qui l'introduisirent en Europe. L'aiguille magnétique qui flottait simplement, au début, sur l'eau ou sur l'huile fut, par la suite, fixée sur un pivot permettant de tourner la boussole dans toutes les directions. Les marins pouvaient désormais affronter la haute mer sans craindre de se tromper de cap. Outre la boussole, on commença à utiliser deux instruments arabes, l’astrolabe et le sextant, qui permettaient de mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. En calculant exactement le temps passé à naviguer, on pouvait déterminer avec précision la distance que le navire avait parcourue vers le nord ou le sud (latitude), vers l'est ou l'ouest (longitude). Profitant de ces améliorations, les Génois furent les premiers à la fin du XIIIe siècle, à relier par voie maritime l'Italie aux Flandre et à l'Angleterre. A cette époque le navire type était la galéasse. Cette galère se déplaçait principalement à la voile. L'apparition de la voile latine triangulaire, qui pouvait être orientée dans toutes les directions permettait au navire de naviguer par vent de travers et même contre le vent. Le gouvernail de poupe, fixé par des charnières au milieu du pont arrière du navire (gouvernail d'étambot), remplaça les rames latérales, longues et pesantes, les manœuvres en furent améliorées. La vergue (support en croix de la voile) tournante permit d'orienter au vent de côté les voiles carrées. Sur certains voiliers, un second mât à l'avant commençait à faire son apparition.

SYSTÈME BANCAIRE

C'est entre les XIème et XVème siècles que se sont mises au point en Europe occidentale nombre de méthodes de la banque telles qu'elles subsistent jusqu'au tournant du XXème siècle. La France n'est pas leur lieu d'invention, puisqu'elles proviennent d'Italie, mais elle accueille une communauté bancaire nationale ou Européenne active et souvent ouverte aux innovations.

"Pecunia pecuniam non parit", l'argent ne fait pas d'argent. Cette formule illustre bien pourquoi au moyen âge un puissant obstacle se dresse devant l'épanouissement des banquiers français : l'église tient pour suspect l'enrichissement trop vif dû au maniement de l'argent. C'est à cette époque que s'est constituée cette croyance que le métier de la banque est "improductif", voire parasitaire, par rapport à la production agricole. Aussi, dans ce Moyen-âge qui s'ouvre peu à peu au commerce, les banquiers exercent une fonction indispensable, mais on la juge malsaine. Ainsi, on comprend mieux pourquoi, sur le territoire de la future France, les juifs sont les seuls à pratiquer le métier de banquier jusqu'au XVIIème siècle.

A cette époque, le banquier est d'abord un changeur. Il évalue les monnaies sur les places commerciales où se côtoient des négociants de tous pays et effectue le change. Il spécule en achetant la monnaie qui baisse sur une place et en la vendant sur une autre où cette même monnaie monte. Il fait crédit aux négociants. Il accepte les dépôts. Ainsi, les banquiers acquièrent une bonne notoriété et développent leur réseau de correspondant. C'est ainsi que la lettre de change devient un véritable instrument de paiement. Mais si le métier de changeur est assez largement accepté par l'opinion publique, celui de prêteur reste considérablement suspect, et ce sont ces usuriers qui, pour racheter leurs fautes, "achètent" à l'église des années de purgatoire, évitant ainsi la damnation éternelle.


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