Présentation : le Palais des Voiles est un établissement unique en son genre. Le qualifier de maison close reviendrait à comparer une couronne impériale à un serre-tête, ou une bague ornée de rubis à un protège-doigts. Il s'agit pourtant bien d'un établissement prodiguant des services sensuels et sexuels, mais il a une portée esthétique, artistique, culturelle et civilisatrice. Les plus belles femmes et les plus beaux éphèbes du monde y exposent leur corps et leur âme sans retenue, et seuls les plus riches (ou les plus chanceux) peuvent en franchir les portes et admirer les charmes de l'endroit et y recevoir une satisfaction bien plus que charnelle.
Localisation : L'établissement se trouve dans le quartier des hautes tours, au milieu de la tour de l'énigme. Les premiers étages sont occupés par une taverne tenue par des halfelins et, juste au-dessus, par l'hôtel particulier d'une guilde de commerçants des fiefs du nord, puis vient le palais érotique de la Matriarche de jade, connu par le monde entier comme le Palais des Voiles. L'endroit en question semble percé de centaines de fenêtres, toutes obstruées par des voiles de soie derrière lesquels des silhouettes langoureuses évoluent lentement, dévoilant et dissimulant tour à tour leurs appas aux passants, loin en bas.
L'immeuble et ses voisins sont reliés par d'innombrables passerelles, et l'établissement compte trois entrées, la plus basse pour les fournisseurs, celle du milieu pour les clients, et celle du dessus, réservée à ceux qui viennent par la voie des airs (une écurie pour griffons s'y trouve également), habituellement des invités de marque.
Organisation : L'entrée se fait par le Porche de Velours, un endroit gardé, car le nombre de visiteurs est important et il y a plusieurs gardes et percepteurs, et ce en dépit du prix élevé pour l'entrée. On paie un écot à l'entrée, et ensuite chaque transaction plus intime se paie à l'officiant(e) qui s'en est chargé(e). A l'intérieur, en plus des garçons et filles de joie, il y a des gardes, spécialement formés pour se fondre dans le bâtiment et les nombreux recoins qu'il recèle. Chaque salle a son contremaitre, et chaque groupe de quatre salles a son lapidaire, qui dirige les contremaitres. Les huit lapidaires répondent aux ordres des quatre ciseleurs, à savoir la Mère Onyxéenne, la Mère Marmoréenne, la Mère Silicéenne et le Père Basaltique... Le bureau de ces quatre derniers est située aux quatre points extrêmes du palais, et le Garde des Voiles siège au milieu, prêt à envoyer ses gardes. Il y a des locaux pour les clercs, qui rassemblent l'argent et... les informations... dans les sous-sols du palais. En effet, les employés de la maison sont des courtisans à plein temps, récoltant les confessions ou vantardises soutirées aux clients et les collectent, pour qu'elles soient ensuite vendues à de sombres acheteurs. La Matriarche trie consciencieusement ses acheteurs, afin que ne s'ébruite pas le rôle de son établissement dans la propagation des secrets de ses clients.
Les salles : Une fois dépassés les trois tavernes de l'entrée, qui bruissent de gens et de serveuses guère habillées, les clients pénètrent dans un labyrinthe d'arches, de bassins, de voiles et de rideaux découpés ou pliés à des endroits stratégiques. Tout autour d'eux évoluent des créatures superbes, mâles ou femelles, voire parfois à l'identité indéchiffrable, à chaque fois presque hors d'atteinte, dans un délicieux ballet qui émoustille les sens et enflamme l'imagination.
Chacune des grandes salles du Palais possède son propre style, que ce soit architectural, esthétique, ou sensuel. Le personnel et le mobilier peuvent parfois être très différents d'une salle à l'autre, afin de satisfaire tous les caprices et désirs des clients. Voici quelques-unes des salles du palais :
- La cour du nénuphar : grand puits entouré de balcons, au centre duquel, en contrebas, se trouve un grand bassin orné de gigantesques nénuphars. De jeunes femmes y nagent, certaines montant sur les nénuphars et y dévoilant lentement leur intimité. L'ensemble architectural est admirable, notamment les sculptures sur les balcons, mais il est difficile de se concentrer dessus.
- La Bibliothèque : des milliers de livres y sont contenus, traitant de poésie érotique, de dessins de nus, de sexualité religieuse,... tout ce qui a trait à l'amour physique ou spirituel. La plupart des habitués sont des érudits sortant peu, ce qui explique que la plupart des filles veulent travailler dans cette salle, les clients y étant souvent très doux. On murmure que des passages dissimulés permettent de se cacher derrière les livres afin d'observer ce qui se passe dans la pièce.
- la Salle de Bois : toute emplie de sculptures et de meubles aux courbes chaudes et équivoques, ressemble presque à une forêt lisse et vernie, avec de longues rampes partant en courbes du plafond, s'arrondissant parfois en un creux douillet, pour repartir en rigoles profondes rendues glissantes par la chaleur humide des corps.
- La salle de Cuir : une impressionnante collection de lanière, masques et fouets est exposée dans cet endroit, qui ne comporte pour mobilier que des chevalets et des chaises métalliques. Ce qui s'y déroule n'est pas pour les âmes sensibles...
- La salle des Croquis : plusieurs tables à dessin et chevalets de peinture entourent deux estrades de marbre où peuvent s'exposer ou s'étendre des modèles aux formes parfaites. Les murs extérieurs sont tapissés de carnets de croquis remplis par des générations de clients artistes, ainsi que quelques divans confortables où les artistes peuvent, après le plaisir des yeux, assouvir le plaisir de chair.




