|
Accueil > Background > Les
vikings (2) |
|
LES BERSEKERSPage 1 - Page 2
LE GUERRIER SANS PEURVoiles pliées, mâts baissés, la flotte royale rame vers l'ennemi. Lances et flèches se croisent en sifflant, puis c'est l'abordage. Bientôt, les ponts sont rouges de sang et la mer charrie des cadavres. Sur le vaisseau du roi, on remarque douze guerriers d'une stature exceptionnelle. Ils se tiennent à l'avant du mât, c'est-à-dire à l'endroit le plus exposé. Pourtant ils ne portent, en guise d'armure, que des peaux d'ours ou de loups. Les douze attaquent avec un total mépris du danger. Ils sautent en hurlant d'un bastingage à l'autre, et leurs haches fendent l'air avec une telle vitesse que leurs lames ont des queues de sang. Dans chaque camp, on fait assaut de vaillance, mais personne ne peut rivaliser avec les douze. C'est grâce à eux que le vaisseau du roi fait le vide devant lui, que d'autres navires s'engouffrent dans la brèche, et que la flotte ennemie se disloque. Après la poursuite, vient l'heure de compter les morts et les blessés. Personne n'est indemne à bord du vaisseau royal, sauf les douze guerriers sans armure. Le combat les a épuisés au point qu'ils titubent, mais Odin a voulu qu'aucun d'eux ne soit blessé. Ces hommes sont des berserkers, des guerriers-fauves, et le roi sait qu'une fois de plus, il leur doit la victoire. LE DUEL
ENVIÉS, MAIS DÉTESTÉSLa classe de barbare pour D&D est directement inspirée
de la "légende" des bersekers.
Le site propose sur la page du barbare une règle optionnelle qui reflète bien le côté instable du personnage, avec une entrée en rage qui est volontaire mais qui peut également être involontaire. Le monde viking met au premier plan les qualités guerrières, et il est normal que le berserker y occupe une place enviable. C'est le "combattant ultime", celui qui dédaigne de porter une armure, et n'en a d'ailleurs nul besoin lorsqu'il entre en fureur. Seules les blessures les plus graves (tête, membres coupés...) peuvent alors l'affecter, les autres ne le font même pas saigner ! De plus, il ne ressent aucune douleur : jambe coupée, il continuera à se battre jusqu'à ce qu'on lui porte le coup de grâce. Mais la valeur au combat n'est pas tout, même pour les vikings. Ces derniers apprécient également l'ordre et la maîtrise de soi. Or un berserker en fureur reste sourd aux ordres comme aux appels à la raison. Il lui est impossible de cesser le combat avant que tous ses ennemis soient morts ou en déroute. Plus grave encore, si le berserker peut provoquer ses crises en suivant un certain rituel (hurler, mordre son bouclier), il arrive aussi qu'elles se déclenchent spontanément au moment le plus inopportun. Un vieux récit raconte comment un berserker entre en fureur au cours d'une partie de balle qu'il est en train de perdre. Il tue un joueur adverse à mains nues et va faire subir le même sort à son propre fils quand une femme s'interpose. Cette intervention courageuse vaut à la malheureuse d'être précipitée dans la mer, et de recevoir un énorme rocher entre les épaules ! Utiles en temps de guerre, les berserkers se montrent fort encombrants entre deux batailles. Ce sont souvent des êtres frustres qui ne savent que boire, s'empiffrer, et provoquer les autres guerriers. Or le code d'honneur viking rend la moindre offense intolérable. Pour s'intégrer à une communauté, il faut donc être très attentif aux questions de préséance, et surveiller ses mots comme ses attitudes. C'est parce qu'ils ne respectent pas ces lois non écrites que les berserkers se rendent absolument insupportables. LES ROIS EUX-MÊMESLa nuit est tombée. Dans son palais, le seigneur du pays préside un
banquet où sont invités les plus grands chefs et les plus valeureux guerriers.
Soudain, la porte s'ouvre avec fracas. Entre un groupe de berserkers. Poussant des
grognements de bêtes, ils traversent les flammes des foyers pour montrer leur
pouvoir.Puis ils se rassemblent derrière leur chef, le plus grand et le plus
fort d'entre eux. Ce dernier va faire lentement le tour de l'assistance. Il s'arrête
devant chaque homme, même le seigneur des lieux, pour lui demander s'il s'estime
aussi vaillant que lui. Et chacun est obligé de reconnaître son infériorité,
car que répondre d'autre à un chef de berserkers, même lorsqu'on
est un fier guerrier viking ? C'est alors qu'intervient le héros. Ses voyages l'ont amené à la cour du roi. Il se présente devant le souverain et se comporte en homme qui sait respecter les usages. Invité au banquet, il assiste sans s'émouvoir à la démonstration de force des berserkers. Lorsque leur chef lui pose la fameuse question : "T'estimes-tu aussi vaillant que moi ?", le nouveau venu répond fièrement : "Non, je m'estime ton supérieur, sale fils de jument". Il s'ensuit un combat formidable que le héros remporte, bien sûr, avant d'épouser la fille du roi... Une question se pose immédiatement : comment le héros parvient-il à vaincre ces bêtes de combat que sont les berserkers ? La ruse pourrait être efficace, comme nous le verrons plus loin, mais elle ne peut expliquer une victoire en combat singulier, où il faut impérativement se montrer plus fort et plus rapide que son adversaire. En fait, une telle performance serait impossible au héros s'il ne possédait lui-même une étincelle de cette sauvagerie qui habite les berserkers. Et en effet, on s'aperçoit que les plus grands tueurs de berserkers ont des antécédents suspects. Mais contrairement à son adversaire, le héros respecte suffisamment les convenances pour évoluer dans la société, et s'y faire des alliés et des amis. D'autre part, s'il connaît la fureur guerrière, il a bien d'autres pouvoirs et talents. Egill, par exemple, n'est pas seulement un féroce combattant, mais un chef, un marin, un marchand, un magicien et un poète, bref, un homme complet. Les berserkers qui n'ont pas d'autre don que celui de foncer dans la mêlée au mépris de la mort ne peuvent se comparer à lui. Ils peuvent remporter des succès passagers, mais non sortir vainqueurs de la "longue course" de la vie. LA BÊTE
LES VAINCREVoici quelques méthodes possibles pour venir à bout des berserkers en jouant sur la ruse autant que la force. Puisque les lames pénètrent difficilement la peau de l'adversaire, on peut le faire trébucher tandis qu'il provoque les guerriers dans la salle du banquet. Aussitôt, chaque convive empoigne un gourdin et se précipite sur lui : le berserker est battu à mort avant d'avoir pu se relever. Cette solution manque d'élégance, mais face à un adversaire dont la peau semble impénétrable à l'acier, on n'a pas toujours le choix des moyens. Egill fut confronté à ce problème lors de son combat contre Atli. Voici de quelle manière efficace, mais peu hygiénique, il remporta finalement le duel : Egill brandit son épée de toutes ses forces, mais elle ne mordait pas, où qu'elle arrive. Alors il lâcha son bouclier, bondit sur Atli et s'empara de lui. Atli tomba à la renverse, mais Egill se pencha vers le sol et lui arracha la gorge d'un coup de dents : Atli y laissa la vie. Toujours spectaculaire, Grettir le Fort triompha d'un berserker avant même que le combat ne s'engage. Son ennemi s'excitait en mordant la pointe de son bouclier. Grettir se glissa promptement vers lui et donna un grand coup de pied dans le bas du bouclier, si fort que celui-ci remonta dans la bouche du berserker et lui arracha les mâchoires, et que les maxillaires lui tombèrent sur la poitrine. Grettir acheva l'ouvrage d'un coup d'épée bien placé qui trancha la tête de son ennemi. Cette méthode expéditive est déconseillée si l'on n'est pas sûr de ses réflexes. Il est beaucoup moins risqué de surprendre le berserker après que la fureur l'ait quitté : il est alors complètement épuisé, et particulièrement vulnérable jusqu'à ce qu'il soit bien reposé. |
|